La méditation quotidienne de Luc (22)

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« Le septième jour, ils se levèrent avec l’aurore et firent le tour de la ville de la même manière, sept fois. Ce fut le seul jour où ils firent sept fois le tour de la ville. La septième fois, les prêtres sonnèrent de la trompe et Josué dit au peuple : Lancez une acclamation, car le SEIGNEUR vous a donné la ville ! La ville sera frappée d’anathème pour le SEIGNEUR, elle et tout ce qui s’y trouve. Seule Rahab, la prostituée, aura la vie sauve, elle et tout ce qui est avec elle dans sa maison, car elle a caché les messagers que nous avions envoyés. » Josué 6: 9-11

Bonjour à toutes et à tous,

Dans le récit de la chute de Jéricho, seule Rahab, la prostituée et ceux de sa maison ont eu la vie sauve. Comment entendre cette parole aujourd’hui ? Et que signifie « la ville sera frappée d’anathème » ? Comment comprendre la destruction de tout ce qui se trouve dans la ville, hommes et bêtes comprises ?

Le mot herem en hébreu qu’on traduit par « frappé d’anathème » ou « d’interdit », est un terme qui se réfère à la sainteté (ce qui est mis à part) et à la pureté dans le judaïsme. Ce qui est « frappé d’anathème » correspond aux objets et aux êtres vivants ayant des pratiques idolâtres. Le peuple d’Israël est un peuple mis à part et, par conséquent, il doit se préserver des pratiques païennes environnantes[1].

Néanmoins, la destruction d’une ville et de tous ces habitants est assurément choquante et révoltante pour nous aujourd’hui. Et il est heureux qu’il en soit ainsi ! Nous ne sommes plus dans le contexte du herem. Il est donc tout à fait hors-sujet, en regard de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, de légitimer quelconque massacre au nom de Dieu et autres atteintes à l’intégrité et à la dignité humaine. D’ailleurs, en continuité avec les commandements anciens, Jésus en a déployé le sens et étendu la portée. « Vous avez entendu qu’il a été dit à nos ancêtres : “Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commet un meurtre mérite de comparaître devant le juge.” Eh bien, moi je vous dis : celui qui se met en colère contre son frère ou sa sœur mérite de comparaître devant le juge ; celui qui dit à son frère ou sa sœur : “Imbécile !” mérite d’être jugé par le conseil suprême ; celui qui lui dit : “Idiot !” mérite d’être jeté dans le feu de l’enfer. …Vous avez entendu qu’il a été dit : “Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.” Eh bien, moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. Ainsi vous deviendrez les enfants de votre Père qui est dans les cieux. Car il fait lever son soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, et il fait pleuvoir sur ceux qui font sa volonté et ceux qui ne la font pas. » (Matthieu 5 : 21-22 ; 43-45)

Rahab est une figure de celles et ceux qui acceptent de prendre le risque de la confiance au Créateur de l’univers, d’en être transformés et de pratiquer l’hospitalité, l’accueil et la protection de l’étranger[2]. Dans l’épitre de Jacques, elle est citée comme un exemple de ces croyants qui mettent leur foi en acte. (Jacques 2 :25)

Dans notre contexte, les enjeux liés à la sortie du confinement et à la remise en route de la machine économique sont énormes. Qui doit-on sauver et qu’est-ce qu’il faut sauver ? L’économie ou les vies ? Les secteurs économiques menacés ou la santé publique et l’appareil hospitalier ? Les indépendants ou les plus démunis ? Ces questions placent nos autorités devant des choix cornéliens. Comment faire le tri sachant que des dégâts ne pourront pas être évités ?

Il peut être éclairant de comprendre que ce qui sauve la vie de Rahab et de sa famille, c’est sa confiance au Saint d’Israël, le Tout-Autre, Celui dont le nom est sanctifié, mis à part. Cette foi produit le réveil de la conscience et pousse à agir, inspiré par l’amour et la fraternité. La prostituée de Jéricho a pratiqué la miséricorde et l’hospitalité, allant jusqu’à héberger des ennemis.

Faire le choix de la confiance au Dieu de Jésus-Christ implique une action que le prophète Michée résume ainsi : « Voici ce qu’Il (le Seigneur) demande à tout être humain : faire ce qui est juste, aimer agir avec bonté et vivre avec son Dieu dans la simplicité. » (Michée 6 :8)

Bonne journée à toutes et à tous ! Et n’oublions pas de prier pour nos autorités !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 27 avril 2020

[1] L’exemple de Daniel à Babylone est significatif à ce propos. (Lisez Daniel 1 :8)

[2] Relisez Josué 2

La méditation quotidienne de Luc (21)

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« Pendant qu’ils marchaient, le son des trompettes ne cessait de retentir. Mais Josué commanda au peuple : « Restez parfaitement silencieux et ne poussez le cri de guerre qu’au moment où je vous en donnerai l’ordre. » Il leur fit faire une fois le tour de la ville avec le coffre, puis ils retournèrent au camp pour y passer la nuit. » Josué 6:9-11

Bonjour à toutes et à tous,

Pour sortir d’une situation qui semble bloquée, pas d’autre moyen que de continuer d’avancer, un jour après l’autre.

Devant les murailles infranchissables de Jéricho, Josué et son peuple ont suivi un plan de bataille hors du commun. Ecouter la parole du Seigneur en toutes circonstances, c’est prendre le risque de faire des choses qui peuvent sembler aberrantes et illogiques. Monter à l’assaut d’une ville fortifiée avec comme seules armes et outils, des trompettes et un coffre en bois recouvert d’or contenant des tablettes de pierre n’est certainement pas raisonnable.

Hors des sentiers battus et des techniques de guerre de l’époque, Josué et son peuple font confiance à la créativité et à l’originalité suggérée par YHWH[1]. Ils ne s’embarrassent pas de considérations matérielles et de calculs de probabilité. Ils participent à un mouvement original initié par le Seigneur. Car c’est dans le calme et la confiance que réside la force (Esaïe 30 :15).

La libération intervient par l’usage d’ustensiles liturgiques[2], les trompettes, et de l’arche de l’alliance, qui représente la présence de Dieu au milieu de son peuple.

Ces objets sacrés, la place des prêtres en tête du défilé suivi du coffre de l’alliance, démontrent que la victoire ne s’obtient pas avec des moyens conventionnels. Déjà au début du chemin de libération dans l’Exode, le peuple de Dieu a dû apprendre la confiance. « Le SEIGNEUR combattra pour vous, et vous, vous garderez le silence. » (Exode 14 :14) Les ennemis peuvent être nombreux et redoutables, mais une seule chose importe : compter sur le Seigneur, sur son inspiration originale, écouter sa parole créative et garder le silence.

Bonne journée à toutes et à tous ! Écoutons la réponse soufflée par le vent[3] !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 25 avril 2020

[1] YHWH est le nom du Seigneur révélé à Moïse, dans la rencontre du buisson ardent. Il s’agit du nom personnel du Dieu d’Israël. Par respect, les juifs ne prononcent jamais ce nom. Quand ils doivent lire ces quatre lettres ou tétragramme, ils disent : « le Seigneur » ou « Adonaï ».

[2] Qui servent au culte rendu à Dieu (rites, prières, chants)

[3] Référence à la chanson Blowin’ in the Wind de Bob Dylan (https://www.bobdylan-fr.com/trad/blowinginthewind.html)

La méditation quotidienne de Luc (20)

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« Les portes de la ville de Jéricho étaient toutes soigneusement barricadées contre les Israélites. Personne n’entrait, personne ne sortait. » Josué 6: 1

Bonjour à toutes et à tous,

Tout le monde parle du déconfinement et de la sortie de crise du covid-19. Mais personne ne sait exactement comment cela va se passer… De conjecture en supposition, nous sommes réduits à attendre des directives plus précises des autorités compétentes. Une chose est claire : cela impliquera la coopération de toutes les citoyennes et tous les citoyens, la patience et la discipline de la part de tous. Pas possible d’agir en ordre dispersé et de faire chacun à sa guise.

Il y aura bien une porte de sortie de cette crise, mais nulle ne sait à quoi elle ressemblera précisément. Le monde d’après, comme l’appellent certains médias, est lui aussi inconnu. En effet, les bouleversements causés par cette pandémie ont une ampleur inconnue jusque-là. Il apparaît toutefois que nous devons nous rendre à l’évidence : rien ne sera plus comme avant.

L’épisode rapporté par le livre de Josué au chapitre 6 fait partie des récits de la conquête de Canaan par les israélites sous la conduite de Josué. Cette histoire singulière se rapporte à un contexte particulier. Elle ne peut évidemment pas être transposé tel quel à une autre situation. Par contre, le propre de la Bible, Parole de Dieu pour les croyants, est de parler à travers les siècles et les millénaires. Au moyen de l’interprétation que l’Eglise, communauté des croyants sous la conduite du Souffle divin, peut en faire en recherchant des applications pour leur contexte et l’époque qui est la leur.

Ainsi à partir de ce texte de la chute de Jéricho, je vous propose une première réflexion aujourd’hui sur patience et persévérance.

Nous lisons dans Josué 6 que le Seigneur indique une manière de procéder par étape, jour après jour, et plusieurs jours le même schéma se répète. Il y a là sans doute une pédagogie qui vise à renforcer l’endurance et la foi du peuple. Le tout, tout de suite n’est pas plus biblique qu’il ne l’est dans la réalité de la vie. L’entrée dans la terre promise pour les israélites est une longue marche, un long processus au cours duquel, chaque étape est importante et porteuse de sens. Elle doit également permettre au peuple d’intégrer progressivement une plus grande connaissance de Dieu et de leur vocation de peuple de l’alliance. Il doit parvenir à une plus grande maturité, à une identité autonome et assumée, comme c’est le cas pour chaque être humain pris individuellement. Et la patience, le fait d’apprendre à attendre, développe la résistance. Et avec la résistance, on devient capable de persévérer et de repasser plusieurs fois exactement au même endroit pendant de longue période car on comprend que c’est à force d’exercice, de patience et de persévérance que se forme et se perfectionne l’amour dont nous sommes les réceptacles.

Apprendre à tourner en rond autour de ce qui paraît imprenable, inaccessible, inatteignable, fermé pour l’instant n’est sans doute pas chose aisée. Par contre, il en résulte une vraie humilité de celui ou de celle qui se reconnait comme non-puissant. Pas impuissant, mais à sa juste mesure et à sa juste place, acteur d’un changement qui est en marche.

Bonne journée à toutes et à tous ! N’oublions pas de continuer de rester en marche !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 24 avril 2020

La méditation quotidienne de Luc (19)

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« Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » Luc 19 :10

Bonjour à toutes et à tous,

Comme souvent lors de crises majeures, ce sont les personnes fragilisées et les plus vulnérables qui se trouvent en première ligne comme potentielles victimes et perdantes. Nous ne pouvons pas oublier que la fragilité est constitutive de l’humain. Le nourrisson en fait l’indispensable expérience, l’homme vieillissant aussi. Entre les deux, l’adulte se débat tant bien que mal avec cette fragilité souvent difficile à concilier avec les exigences de la société. Reconnue ou non, dissimulée ou dévoilée, la fragilité peut évoluer en rigidité ou en vulnérabilité. Choisir la vulnérabilité, c’est s’exposer aux atteintes de l’extérieur, lesquelles peuvent nous blesser ou nous restaurer. Choisir la rigidité en revanche, c’est maintenir sa fragilité hors d’atteinte, …par des signes apparents de solidité – discours univoques, systèmes de contrôle, de sécurité, autoritarisme, cynisme. La rigidité pare à toute menace mais exclut la promesse de lien inhérent à toute relation. Promesse ou menace, la vulnérabilité ouvre en tous les cas à la fraternité.[1]

Face aux fragilités révélées par la crise sanitaire actuelle, nous sommes invités à choisir, à l’image du Christ, la vulnérabilité car elle est la promesse d’une relation, d’une restauration et d’une fraternité à construire.

Une des principales critiques de Jésus vis-à-vis de la société de son temps était le respect de principes religieux et des traditions au détriment de la miséricorde et de la compassion. C’est ainsi que face à la rigidité des pharisiens, Jésus leur dira : « Les gens en bonne santé n’ont pas besoin de médecin. Ce sont les malades qui en ont besoin. Allez apprendre ce que signifie : Je veux la compassion et non le sacrifice. » (Matthieu 9 :12-13). Jésus, le Fils de l’homme, s’est toujours tenu aux côtés des faibles, des exclus, des femmes, des étrangers.

Nous pouvons nous aussi emprunter ce chemin-là, en saisissant la promesse de restauration inhérente à la prise en compte des plus vulnérables comme de nos propres vulnérabilités, pour nous diriger vers une société plus humaine, plus solidaire et plus fraternelle.

Bonne journée à toutes et à tous ! Soyons solidaires !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 23 avril 2020

 

[1] Anne Colombini, « Vulnérabilité : menace ou promesse », revue Itinéraires no 109, 2020/1

La méditation quotidienne de Luc (18)

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« Voici le message que nous avons entendu de Jésus Christ et que nous vous annonçons : Dieu est lumière et il n’y a aucune obscurité en lui. » 1 Jean 1:5

Bonjour à toutes et à tous,

Depuis mon enfance, j’apprécie tout particulièrement me balader en forêt. J’aime ces jeux d’ombres et de lumières qui la dessine toujours différemment. Les rayons de lumière qui la traversent, mettent en évidence des parcelles de terrain et des détails qui regorgent d’une vitalité impressionnante. Ces quelques traits de lumière suffisent à faire jaillir une multitude de formes de vie. Nous le savons bien, la lumière est essentielle pour la faune et la flore qui composent la forêt.

Les auteurs bibliques font fréquemment l’analogie entre la lumière et Dieu. Jean, dans le prologue de son évangile, présente Jésus le Christ comme « la seule vraie lumière, celle qui vient dans le monde et qui éclaire tous les êtres humains. » (Jean 1 :9) Au début de sa première épitre, il reprend l’image de la lumière pour parler de Dieu révélé en Jésus-Christ. Dans la suite de cette lettre, l’auteur y développe l’idée que les personnes qui se placent sous la lumière de Dieu, qui vivent dans sa communion se trouvent elles-mêmes dans la lumière. Ce qui a pour effet que la vie jaillit, que leur nature est transformée et que l’amour devient opérant.

Nous connaissons tous des périodes d’obscurité, des passages où nos ombres font écran à la lumière. Mais ne nous y trompons pas, l’ombre n’est qu’un révélateur de l’existence de la lumière. L’ombre n’est qu’une projection de ce qui fait obstacle à la clarté. Elle n’est donc jamais définitive. La lumière provient de tellement plus loin que nous-mêmes. Et elle ne contient aucune obscurité en elle.

Ce qui fait dire à Jacques, l’auteur de la lettre éponyme, que « tout don excellent et tout cadeau parfait descendent des cieux ; ils viennent de Dieu, le créateur des lumières célestes, qui ne connaît ni déclin ni éclipse. » (Jacques 1, 16-17)

Ne laissons donc pas les ombres passagères nous faire croire à la disparition de la lumière ! Car même au milieu des plus grandes détresses et des cris de lamentations, un trait de lumière peut jaillir. Ainsi avec Jérémie, nous pouvons affirmer : « Les bontés du Seigneur ne sont pas épuisées, il n’est pas au bout de ses tendresses ! Elles se renouvellent chaque matin. …Le Seigneur est mon bien le plus précieux, c’est pourquoi j’espère en lui. Le Seigneur est bon pour celui qui compte sur lui, pour celui qui le cherche. Il est bon d’espérer en silence le secours du Seigneur. » (Lamentations 3 :22-26)

Bonne journée à toutes et à tous ! Demeurez dans Sa lumière et aimez votre prochain !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 22 avril 2020


La méditation quotidienne de Luc (17)

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« Je vais faire un détour pour voir ce phénomène étonnant et découvrir pourquoi le buisson ne brûle pas. »

Exode 3 :3 (NFC)

 

 

Bonjour à toutes et à tous,

L’être humain a besoin de comprendre et cherche à découvrir ce qui lui est caché.

Devant un phénomène qu’il ne s’explique pas (v. 2), Moïse, intrigué, fait un détour. Ce contour va se transformer en un virage déterminant pour sa vie. De berger au service de son beau-père, il va devenir prophète, guide et législateur de son peuple.

L’Inconnu, l’Invisible se dévoile parfois par un phénomène étonnant qui nous amène à un tournant. Une vraie rencontre personnelle, un tête-à-tête avec « Je serai qui je serai »[1], celui que nous appelons Dieu, peut avoir lieu.

Les chercheurs du monde entier sont mobilisés pour essayer de comprendre, d’appréhender et trouver un antidote au virus covid-19. Mais cette pandémie, phénomène étonnant s’il en est, ne laisse personne tranquille et nous pousse tous à réfléchir, à questionner, à interroger un certain ordre établi. Nos systèmes sociaux avec les inégalités qu’ils génèrent, nos politiques de santé publique axées sur la maximisation du profit, la logique financière, la surconsommation, la surexploitation des ressources, la destruction de l’environnement et la fragilité d’un modèle économique mondialisé éclatent sous nos yeux ébahis.

Et si Celui qui s’est révélé à Moïse, « Je serai qui je serai » avait encore une fois entendu les cris des opprimés, de ces millions d’hommes, de femmes et d’enfants victimes collatérales d’un modèle économique, politique et social inique qui les écrasent, les poussant à l’exil, étaient montés jusqu’à Lui et qu’Il ait vu de quelle manière les puissances les oppressent ?

En relisant le livre de l’Exode, nous découvrons ce Tout-Autre qui intervient pour libérer son peuple de l’esclavage. Il se présente sous les traits du Libérateur de toutes les formes d’asservissement qui portent atteintes à la dignité de l’humain.

« Puisque les cris des Israélites sont montés jusqu’à moi et que j’ai aussi vu de quelle manière les Égyptiens les oppriment, je t’envoie maintenant vers le pharaon. Va, et fais sortir d’Égypte Israël, mon peuple. » (Exode 3 :9-10)

« Je serai qui je serai » nous donne à comprendre qu’Il est intéressé par l’avenir de la terre et de ses habitants. Il ne laisse pas impunément des systèmes de domination, d’oppression et de tyrannie se développer. Il se range du côté des faibles, des plus vulnérables, des opprimées. Il a un projet de salut et de délivrance, un projet de paix et de bonheur pour tous où la justice et la miséricorde se pratiquent en soumission à l’autorité suprême qui est l’Amour !

« Par la foi, Moïse, devenu grand, renonça au titre de fils de la fille du pharaon. Il préféra être maltraité avec le peuple de Dieu plutôt que de jouir des plaisirs momentanés du péché. Il estima qu’être méprisé comme le Christ avait beaucoup plus de valeur que les trésors de l’Égypte, car il gardait les yeux fixés sur la récompense future. » (Hébreux 11 :24-26)

Ce passage de l’épitre aux Hébreux comme les évangiles d’ailleurs font un parallèle entre Moïse et le Christ Jésus. Il est, comme on l’entend parfois, le nouveau Moïse. Il est venu confirmer, étendre et accomplir les commandements de Moïse. Voici le résumé qu’il en fera : « Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. » (Matthieu 7 :12)

La pandémie actuelle peut déboucher sur un réel progrès, pour autant que, comme Moïse, nous sachions faire un détour et acceptions de remettre en question notre position actuelle afin de prendre le virage que « Je serai qui je serai » nous propose de franchir pour libérer les humains.

Bonne journée à toutes et à tous ! Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 21 avril 2020

 

P.S. Merci encore une fois à Paula pour la photo

[1] Ce nom mystérieux que la Bible hébraïque a écrit avec le tétragramme YHWH ou Yahweh, le nom propre de l’Être suprême.

La méditation quotidienne de Luc (16)

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« Les uns comptent sur leurs chars de guerre, d’autres sur leurs chevaux ; nous, nous comptons sur le Seigneur notre Dieu. » Psaume 20 :8 (NFC)

 

Bonjour à toutes et à tous,

Devant l’ampleur et la gravité de la plus grande crise sanitaire que le monde ait connu, certain n’ont pas hésité à déclarer que « nous sommes en guerre » contre le coronavirus. La métaphore est délibérément forte afin de sensibiliser le public au danger de la pandémie. Cette rhétorique guerrière doit néanmoins nous faire réfléchir…

La fin justifie-t-elle tous les moyens ? (Etat d’urgence, limitation des libertés individuelles, dérives autoritaires et sécuritaires, nationalisme exacerbé.)

Le psaume cité en introduction nous trans­porte également en temps de guerre. Ce texte est une prière du peuple pour son roi. Le titre de la Bible Annotée est formulé ainsi : Prière d’Israël pour son roi avant la bataille.

De nos jours, le cheval est synonyme de loisir et d’animal de compagnie. La photo ci-dessus est une magnifique illustration d’un animal paisible dont la force, la beauté et l’élégance ne laisse pas insensible.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Compagnon de conquêtes, le cheval a surtout nourris une symbolique guerrière. Ainsi l’Ancien Testament ne laisse pas une impression positive du cheval, symbole de puissance guerrière et de domination ennemie.

C’est au comte de Buffon, Georges-Louis Leclerc que nous devons cette citation célèbre : « Le cheval : La plus noble conquête que l’homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal, qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats. »

La Bible pose donc la question des moyens auxquels nous faisons appel face au mal de manière général. Elle affirme que « nous n’avons pas à lutter contre des êtres humains ; mais nous devons lutter contre les pouvoirs, les autorités, les maîtres de ce monde obscur, contre toutes les puissances spirituelles mauvaises qui sont dans les cieux. » (Ephésiens 6 :12)

Il est significatif que ces propos proviennent d’un homme qui a fait cette déclaration devant le général romain Agrippa : « Moi-même, j’avais pensé devoir combattre par tous les moyens… C’est ainsi que je me suis rendu à Damas avec les pleins pouvoirs et la mission que m’avaient confiées les grands-prêtres. J’étais en route… lorsque j’ai vu une lumière qui venait du ciel, plus éclatante que celle du soleil, et qui brillait autour de moi et de mes compagnons de voyage. Nous sommes tombés à terre et j’ai entendu une voix qui me disait en araméen : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Actes 26 :9 ; 12-14)

Tombé de sa noble monture, Saul est devenu Paul. Il a découvert la foi en Jésus, celui qu’il a reconnu comme Christ. Il a renoncé à compter sur ces propres forces et à utiliser tous les moyens, pour embrasser la faiblesse et la vulnérabilité du Christ Sauveur, Celui qui donne sa vie pour les autres.

Dans notre contexte, il se pourrait que nous ayons encore besoin de convertir nos cœurs et d’abandonner l’illusion du pouvoir et de la force des chevaux de guerre pour faire confiance à Celui qui a vaincu le monde à la croix !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 20 avril 2020

 

P.S. Merci à Paula pour la belle photo de la plus noble conquête de l’homme

La méditation quotidienne de Luc (15)

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Quand ces événements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance sera proche.

Luc 21:28

 

Bonjour à toutes et à tous,

Les évènements dont parle Jésus dans ce passage des évangiles ne sont pas à proprement parlé joyeux. Les bouleversements dont il est question sont la destruction de Jérusalem intervenue au environ de l’an 70, mais aussi des phénomènes naturelles et autres cataclysmes sociaux et physiques qui produiront de l’angoisse parmi les nations qui ne sauront que faire (v. 25).

Comme du temps de Jésus, le monde présent ou du moins celui d’avant le covid-19, n’était et de loin pas un monde idéal et idyllique. Certes, il permettait à une minorité de nantis (dont je fais partie !) de vivre confortablement, à des puissants de soumettre les autres à leur démagogie, à leur soif de grandeur, de richesse et de pouvoir. Ne devrions-nous pas être dans l’attente d’autre chose ?…

La bonne nouvelle annoncée par Jésus il y a plus de 2000 ans est encore la même aujourd’hui. En effet, les valeurs du monde ne sont pas celle du Royaume inauguré par Jésus. Ce monde manque clairement la cible qui est d’aimer son prochain comme soi-même. Il nous mène à la destruction et à la mort. Mais Dieu n’a pas dit son dernier mot. Il viendra un jour où tout ce qui est atteint par le mal, l’orgueil et la souffrance disparaîtra et où Dieu fera surgir une création nouvelle (Apocalypse 21 :1).

Par son annonce de la venue du Fils de l’homme, Jésus ne parle pas d’une menace, mais d’une délivrance ! La perspective de sa venue soutient le courage et l’espérance d’un peuple en marche vers le Royaume parfaitement accompli. C’est pourquoi les disciples de Jésus sont appelé à vivre toujours dans l’espérance, tendus vers le moment où la royauté du Christ sera pleinement manifestée.

Cette parole est donc pour nous aujourd’hui : regardez en haut, et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche.

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                                       Cormoret, le 18 avril 2020

La méditation quotidienne de Luc (14)

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« Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche, j’ai soif de toi. Tout mon être soupire après toi, comme une terre aride, desséchée, sans eau. » Psaume 63 :2 (NFC)

Bonjour à toutes et à tous,

Hier, j’ai arrosé notre jardin potager. Il faut dire que j’ai l’immense privilège d’habiter un petit village à la campagne. Avec mon épouse, ma belle-fille et mon fils, nous cultivons un grand jardin mis à disposition par des amis. En cette période de l’année, le manque de précipitations risque de nuire au développement des jeunes plans. L’apport hydrique devient nécessaire pour prévenir la perte de la récolte. L’arrosage est un peu mon travail et je m’y adonne avec beaucoup de joie ! Apporter une contribution pareillement concrète à la vie est très valorisant.

En puisant l’eau à la fontaine devant chez moi, j’ai rencontré mon voisin qui m’a abordé d’un air mi-figue mi-raisin en disant : « Il y en a qui ont soif ! »

Assurément, il existe toutes sortes de soifs. Mais ce qui est avéré c’est que la vie sous toutes ses formes n’est possible sans eau. Et les choses sont ainsi faites que la régularité et la quantité de pluie peuvent varier fortement sur la planète. Par conséquent, dans l’écosystème terrestre, tous les êtres vivants connaissent plus ou moins fréquemment la soif. Ce besoin organique et ses conséquences s’observent facilement. Réchauffement climatique oblige, elles nous sont de plus en plus familières.

Mais il est des soifs plus secrètes, invisibles. On peut les appeler le besoin d’amour, le besoin de présence, le besoin de bienveillance.

Le psaume cité plus haut parle de cette soif-là. L’aridité dont parle David est une réalité que nous connaissons tous. Même si chaque situation d’adversité est vécu différemment par chacune et chacun. Le psalmiste l’exprime sans détours : Il y a des gens qui veulent ma mort[1].

La vie n’est jamais une facilité. Elle implique des luttes et des combats. Les forces de destruction sont agissantes certes, mais sûrement pas dominantes. Il en est un Un qu’on peut toujours « appeler auprès de soi »[2].

Cette Présence au creux de soi qu’on peut appeler à chaque instant, c’est comme l’arrosage de mon jardin. L’eau se met de nouveau à couler et à ruisseler sur notre terre aride, desséché.

 

Viens Saint-Esprit,

Viens par ta pluie mouiller la terre que je suis.

Oh, viens, Saint-Esprit,

Flot impétueux, source d’amour, fleuve de vie.

Coule sur moi, coule sur moi, coule,

Coule sur moi, coule pluie de Dieu.[3]

 

Bonne journée à toutes et à tous ! Soyez arrosés du Saint-Esprit !

Amitiés,

Luc                                                                                       Cormoret, le 17 avril 2020

[1] Psaume 63 :10

[2] Traduction du terme grec « Paraclet » utilisé par l’évangile de Jean à propos de l’Esprit saint

[3] Paroles du chant « Viens, Saint-Esprit » d’Elisabeth Bourbouze (JEM 556)

La méditation quotidienne de Luc (13)

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« Ils parlaient encore, quand Jésus lui-même se présenta au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Ils furent saisis de crainte, et même de terreur, car ils croyaient voir un fantôme. Mais Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous troublés ? Pourquoi avez-vous ces doutes dans vos cœurs ? »

Luc 24 :36-38 (NFC)

Bonjour à toutes et à tous,

Vous l’avez certainement remarqué, le ciel est d’une clarté incroyable ces derniers temps, notamment par l’absence des traces de condensation laissées par les avions. Ceux-ci sont pour la plupart cloués au sol depuis que la pandémie du coronavirus a bouleversé l’ordre des choses. En agrandissant l’image ci-jointe, vous verrez néanmoins une de ces traces caractéristiques devenues si rares dans le sillage d’un avion qui traverse le ciel. Comme tout ce qui est insolite, cela a pour effet d’attirer l’attention !

Avec la crucifixion de Jésus, le monde des disciples s’est comme écroulé. Leur groupe est également ébranlé par les évènements récents, la trahison de Judas, le reniement de Pierre, l’abandon de tous et la peur des autorités juives. Il y a aussi tant d’espoirs déçus, de rêves envolés. Ces personnes se retrouvent plongées dans l’irréalité d’une situation qu’ils n’ont pas vu venir. Pour reprendre un mot de Marion Müller-Colard[1], théologienne et écrivaine française, ils se retrouvent dans la tourmente de l’intranquillité.

Et c’est encore notre condition aujourd’hui. Car, en fait, la vie est cela en permanence. L’imprévu, la surprise, bonne ou mauvaise, le changement façonne l’existence humaine. Accepter cette réalité peut nous ouvrir à la nouveauté qui est la composante même de la vie. La refuser ou la fuir nous pousse au repli sur nous-mêmes et à un état de léthargie et de mort. En effet, vouloir fixer les choses une fois pour toute est le meilleur moyen d’arrêter de vivre.

Nous avons le droit d’être troublé par les évènements et les bouleversements qui nous atteignent. Mais nous ferions bien néanmoins d’entendre et d’attendre celui qui est la Parole et qui nous dit : « La paix soit avec vous ! » Non, je ne suis pas un fantôme ou un esprit. Je suis un corps avec des mains et des pieds qui portent les traces des clous. Je suis comme vous, de chair et d’os et je suis venu pour faire ma demeure en vous, dans vos corps vulnérables, fragiles et limités.

Alors nous commencerons de croire, contre toute raison, au Dieu qui s’est fait homme, et donc à la résurrection, à la vie après la mort, au corruptible qui revêt l’incorruptible[2].

Bonne journée à toutes et à tous ! Accueillez le dérangement et restez vivants!

Amitiés,

Luc

Cormoret, le 16 avril 2020

[1] Je vous recommande vivement l’écoute de l’émission Babel de la RTS du 27.08.2017 avec l’auteure de « L’intranquillité »

[2] 2 Corinthiens 15