La méditation quotidienne de Luc (17)

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« Je vais faire un détour pour voir ce phénomène étonnant et découvrir pourquoi le buisson ne brûle pas. »

Exode 3 :3 (NFC)

 

 

Bonjour à toutes et à tous,

L’être humain a besoin de comprendre et cherche à découvrir ce qui lui est caché.

Devant un phénomène qu’il ne s’explique pas (v. 2), Moïse, intrigué, fait un détour. Ce contour va se transformer en un virage déterminant pour sa vie. De berger au service de son beau-père, il va devenir prophète, guide et législateur de son peuple.

L’Inconnu, l’Invisible se dévoile parfois par un phénomène étonnant qui nous amène à un tournant. Une vraie rencontre personnelle, un tête-à-tête avec « Je serai qui je serai »[1], celui que nous appelons Dieu, peut avoir lieu.

Les chercheurs du monde entier sont mobilisés pour essayer de comprendre, d’appréhender et trouver un antidote au virus covid-19. Mais cette pandémie, phénomène étonnant s’il en est, ne laisse personne tranquille et nous pousse tous à réfléchir, à questionner, à interroger un certain ordre établi. Nos systèmes sociaux avec les inégalités qu’ils génèrent, nos politiques de santé publique axées sur la maximisation du profit, la logique financière, la surconsommation, la surexploitation des ressources, la destruction de l’environnement et la fragilité d’un modèle économique mondialisé éclatent sous nos yeux ébahis.

Et si Celui qui s’est révélé à Moïse, « Je serai qui je serai » avait encore une fois entendu les cris des opprimés, de ces millions d’hommes, de femmes et d’enfants victimes collatérales d’un modèle économique, politique et social inique qui les écrasent, les poussant à l’exil, étaient montés jusqu’à Lui et qu’Il ait vu de quelle manière les puissances les oppressent ?

En relisant le livre de l’Exode, nous découvrons ce Tout-Autre qui intervient pour libérer son peuple de l’esclavage. Il se présente sous les traits du Libérateur de toutes les formes d’asservissement qui portent atteintes à la dignité de l’humain.

« Puisque les cris des Israélites sont montés jusqu’à moi et que j’ai aussi vu de quelle manière les Égyptiens les oppriment, je t’envoie maintenant vers le pharaon. Va, et fais sortir d’Égypte Israël, mon peuple. » (Exode 3 :9-10)

« Je serai qui je serai » nous donne à comprendre qu’Il est intéressé par l’avenir de la terre et de ses habitants. Il ne laisse pas impunément des systèmes de domination, d’oppression et de tyrannie se développer. Il se range du côté des faibles, des plus vulnérables, des opprimées. Il a un projet de salut et de délivrance, un projet de paix et de bonheur pour tous où la justice et la miséricorde se pratiquent en soumission à l’autorité suprême qui est l’Amour !

« Par la foi, Moïse, devenu grand, renonça au titre de fils de la fille du pharaon. Il préféra être maltraité avec le peuple de Dieu plutôt que de jouir des plaisirs momentanés du péché. Il estima qu’être méprisé comme le Christ avait beaucoup plus de valeur que les trésors de l’Égypte, car il gardait les yeux fixés sur la récompense future. » (Hébreux 11 :24-26)

Ce passage de l’épitre aux Hébreux comme les évangiles d’ailleurs font un parallèle entre Moïse et le Christ Jésus. Il est, comme on l’entend parfois, le nouveau Moïse. Il est venu confirmer, étendre et accomplir les commandements de Moïse. Voici le résumé qu’il en fera : « Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. » (Matthieu 7 :12)

La pandémie actuelle peut déboucher sur un réel progrès, pour autant que, comme Moïse, nous sachions faire un détour et acceptions de remettre en question notre position actuelle afin de prendre le virage que « Je serai qui je serai » nous propose de franchir pour libérer les humains.

Bonne journée à toutes et à tous ! Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 21 avril 2020

 

P.S. Merci encore une fois à Paula pour la photo

[1] Ce nom mystérieux que la Bible hébraïque a écrit avec le tétragramme YHWH ou Yahweh, le nom propre de l’Être suprême.

La méditation quotidienne de Luc (16)

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« Les uns comptent sur leurs chars de guerre, d’autres sur leurs chevaux ; nous, nous comptons sur le Seigneur notre Dieu. » Psaume 20 :8 (NFC)

 

Bonjour à toutes et à tous,

Devant l’ampleur et la gravité de la plus grande crise sanitaire que le monde ait connu, certain n’ont pas hésité à déclarer que « nous sommes en guerre » contre le coronavirus. La métaphore est délibérément forte afin de sensibiliser le public au danger de la pandémie. Cette rhétorique guerrière doit néanmoins nous faire réfléchir…

La fin justifie-t-elle tous les moyens ? (Etat d’urgence, limitation des libertés individuelles, dérives autoritaires et sécuritaires, nationalisme exacerbé.)

Le psaume cité en introduction nous trans­porte également en temps de guerre. Ce texte est une prière du peuple pour son roi. Le titre de la Bible Annotée est formulé ainsi : Prière d’Israël pour son roi avant la bataille.

De nos jours, le cheval est synonyme de loisir et d’animal de compagnie. La photo ci-dessus est une magnifique illustration d’un animal paisible dont la force, la beauté et l’élégance ne laisse pas insensible.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Compagnon de conquêtes, le cheval a surtout nourris une symbolique guerrière. Ainsi l’Ancien Testament ne laisse pas une impression positive du cheval, symbole de puissance guerrière et de domination ennemie.

C’est au comte de Buffon, Georges-Louis Leclerc que nous devons cette citation célèbre : « Le cheval : La plus noble conquête que l’homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal, qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats. »

La Bible pose donc la question des moyens auxquels nous faisons appel face au mal de manière général. Elle affirme que « nous n’avons pas à lutter contre des êtres humains ; mais nous devons lutter contre les pouvoirs, les autorités, les maîtres de ce monde obscur, contre toutes les puissances spirituelles mauvaises qui sont dans les cieux. » (Ephésiens 6 :12)

Il est significatif que ces propos proviennent d’un homme qui a fait cette déclaration devant le général romain Agrippa : « Moi-même, j’avais pensé devoir combattre par tous les moyens… C’est ainsi que je me suis rendu à Damas avec les pleins pouvoirs et la mission que m’avaient confiées les grands-prêtres. J’étais en route… lorsque j’ai vu une lumière qui venait du ciel, plus éclatante que celle du soleil, et qui brillait autour de moi et de mes compagnons de voyage. Nous sommes tombés à terre et j’ai entendu une voix qui me disait en araméen : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Actes 26 :9 ; 12-14)

Tombé de sa noble monture, Saul est devenu Paul. Il a découvert la foi en Jésus, celui qu’il a reconnu comme Christ. Il a renoncé à compter sur ces propres forces et à utiliser tous les moyens, pour embrasser la faiblesse et la vulnérabilité du Christ Sauveur, Celui qui donne sa vie pour les autres.

Dans notre contexte, il se pourrait que nous ayons encore besoin de convertir nos cœurs et d’abandonner l’illusion du pouvoir et de la force des chevaux de guerre pour faire confiance à Celui qui a vaincu le monde à la croix !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 20 avril 2020

 

P.S. Merci à Paula pour la belle photo de la plus noble conquête de l’homme

La méditation quotidienne de Luc (15)

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Quand ces événements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance sera proche.

Luc 21:28

 

Bonjour à toutes et à tous,

Les évènements dont parle Jésus dans ce passage des évangiles ne sont pas à proprement parlé joyeux. Les bouleversements dont il est question sont la destruction de Jérusalem intervenue au environ de l’an 70, mais aussi des phénomènes naturelles et autres cataclysmes sociaux et physiques qui produiront de l’angoisse parmi les nations qui ne sauront que faire (v. 25).

Comme du temps de Jésus, le monde présent ou du moins celui d’avant le covid-19, n’était et de loin pas un monde idéal et idyllique. Certes, il permettait à une minorité de nantis (dont je fais partie !) de vivre confortablement, à des puissants de soumettre les autres à leur démagogie, à leur soif de grandeur, de richesse et de pouvoir. Ne devrions-nous pas être dans l’attente d’autre chose ?…

La bonne nouvelle annoncée par Jésus il y a plus de 2000 ans est encore la même aujourd’hui. En effet, les valeurs du monde ne sont pas celle du Royaume inauguré par Jésus. Ce monde manque clairement la cible qui est d’aimer son prochain comme soi-même. Il nous mène à la destruction et à la mort. Mais Dieu n’a pas dit son dernier mot. Il viendra un jour où tout ce qui est atteint par le mal, l’orgueil et la souffrance disparaîtra et où Dieu fera surgir une création nouvelle (Apocalypse 21 :1).

Par son annonce de la venue du Fils de l’homme, Jésus ne parle pas d’une menace, mais d’une délivrance ! La perspective de sa venue soutient le courage et l’espérance d’un peuple en marche vers le Royaume parfaitement accompli. C’est pourquoi les disciples de Jésus sont appelé à vivre toujours dans l’espérance, tendus vers le moment où la royauté du Christ sera pleinement manifestée.

Cette parole est donc pour nous aujourd’hui : regardez en haut, et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche.

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                                       Cormoret, le 18 avril 2020

La méditation quotidienne de Luc (14)

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« Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche, j’ai soif de toi. Tout mon être soupire après toi, comme une terre aride, desséchée, sans eau. » Psaume 63 :2 (NFC)

Bonjour à toutes et à tous,

Hier, j’ai arrosé notre jardin potager. Il faut dire que j’ai l’immense privilège d’habiter un petit village à la campagne. Avec mon épouse, ma belle-fille et mon fils, nous cultivons un grand jardin mis à disposition par des amis. En cette période de l’année, le manque de précipitations risque de nuire au développement des jeunes plans. L’apport hydrique devient nécessaire pour prévenir la perte de la récolte. L’arrosage est un peu mon travail et je m’y adonne avec beaucoup de joie ! Apporter une contribution pareillement concrète à la vie est très valorisant.

En puisant l’eau à la fontaine devant chez moi, j’ai rencontré mon voisin qui m’a abordé d’un air mi-figue mi-raisin en disant : « Il y en a qui ont soif ! »

Assurément, il existe toutes sortes de soifs. Mais ce qui est avéré c’est que la vie sous toutes ses formes n’est possible sans eau. Et les choses sont ainsi faites que la régularité et la quantité de pluie peuvent varier fortement sur la planète. Par conséquent, dans l’écosystème terrestre, tous les êtres vivants connaissent plus ou moins fréquemment la soif. Ce besoin organique et ses conséquences s’observent facilement. Réchauffement climatique oblige, elles nous sont de plus en plus familières.

Mais il est des soifs plus secrètes, invisibles. On peut les appeler le besoin d’amour, le besoin de présence, le besoin de bienveillance.

Le psaume cité plus haut parle de cette soif-là. L’aridité dont parle David est une réalité que nous connaissons tous. Même si chaque situation d’adversité est vécu différemment par chacune et chacun. Le psalmiste l’exprime sans détours : Il y a des gens qui veulent ma mort[1].

La vie n’est jamais une facilité. Elle implique des luttes et des combats. Les forces de destruction sont agissantes certes, mais sûrement pas dominantes. Il en est un Un qu’on peut toujours « appeler auprès de soi »[2].

Cette Présence au creux de soi qu’on peut appeler à chaque instant, c’est comme l’arrosage de mon jardin. L’eau se met de nouveau à couler et à ruisseler sur notre terre aride, desséché.

 

Viens Saint-Esprit,

Viens par ta pluie mouiller la terre que je suis.

Oh, viens, Saint-Esprit,

Flot impétueux, source d’amour, fleuve de vie.

Coule sur moi, coule sur moi, coule,

Coule sur moi, coule pluie de Dieu.[3]

 

Bonne journée à toutes et à tous ! Soyez arrosés du Saint-Esprit !

Amitiés,

Luc                                                                                       Cormoret, le 17 avril 2020

[1] Psaume 63 :10

[2] Traduction du terme grec « Paraclet » utilisé par l’évangile de Jean à propos de l’Esprit saint

[3] Paroles du chant « Viens, Saint-Esprit » d’Elisabeth Bourbouze (JEM 556)

La méditation quotidienne de Luc (13)

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« Ils parlaient encore, quand Jésus lui-même se présenta au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Ils furent saisis de crainte, et même de terreur, car ils croyaient voir un fantôme. Mais Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous troublés ? Pourquoi avez-vous ces doutes dans vos cœurs ? »

Luc 24 :36-38 (NFC)

Bonjour à toutes et à tous,

Vous l’avez certainement remarqué, le ciel est d’une clarté incroyable ces derniers temps, notamment par l’absence des traces de condensation laissées par les avions. Ceux-ci sont pour la plupart cloués au sol depuis que la pandémie du coronavirus a bouleversé l’ordre des choses. En agrandissant l’image ci-jointe, vous verrez néanmoins une de ces traces caractéristiques devenues si rares dans le sillage d’un avion qui traverse le ciel. Comme tout ce qui est insolite, cela a pour effet d’attirer l’attention !

Avec la crucifixion de Jésus, le monde des disciples s’est comme écroulé. Leur groupe est également ébranlé par les évènements récents, la trahison de Judas, le reniement de Pierre, l’abandon de tous et la peur des autorités juives. Il y a aussi tant d’espoirs déçus, de rêves envolés. Ces personnes se retrouvent plongées dans l’irréalité d’une situation qu’ils n’ont pas vu venir. Pour reprendre un mot de Marion Müller-Colard[1], théologienne et écrivaine française, ils se retrouvent dans la tourmente de l’intranquillité.

Et c’est encore notre condition aujourd’hui. Car, en fait, la vie est cela en permanence. L’imprévu, la surprise, bonne ou mauvaise, le changement façonne l’existence humaine. Accepter cette réalité peut nous ouvrir à la nouveauté qui est la composante même de la vie. La refuser ou la fuir nous pousse au repli sur nous-mêmes et à un état de léthargie et de mort. En effet, vouloir fixer les choses une fois pour toute est le meilleur moyen d’arrêter de vivre.

Nous avons le droit d’être troublé par les évènements et les bouleversements qui nous atteignent. Mais nous ferions bien néanmoins d’entendre et d’attendre celui qui est la Parole et qui nous dit : « La paix soit avec vous ! » Non, je ne suis pas un fantôme ou un esprit. Je suis un corps avec des mains et des pieds qui portent les traces des clous. Je suis comme vous, de chair et d’os et je suis venu pour faire ma demeure en vous, dans vos corps vulnérables, fragiles et limités.

Alors nous commencerons de croire, contre toute raison, au Dieu qui s’est fait homme, et donc à la résurrection, à la vie après la mort, au corruptible qui revêt l’incorruptible[2].

Bonne journée à toutes et à tous ! Accueillez le dérangement et restez vivants!

Amitiés,

Luc

Cormoret, le 16 avril 2020

[1] Je vous recommande vivement l’écoute de l’émission Babel de la RTS du 27.08.2017 avec l’auteure de « L’intranquillité »

[2] 2 Corinthiens 15