La méditation quotidienne de Luc (45)

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« Simon Pierre leur annonça : « Je vais à la pêche. » Ils lui dirent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque. Mais cette nuit-là, ils ne prirent rien. »   Jean 21:3

Bonjour à toutes et à tous,

Retour à la normalité ou à l’anormalité ? Depuis quelques temps déjà et suite à la conférence de presse du Conseil fédéral d’hier, une certaine perplexité m’habite. Certes les chiffres de la pandémie de Covid-19 en Suisse sont rassurants et tout semble indiquer qu’elle est « sous contrôle », Dieu merci. Au point qu’on serait tenté de considérer cet épisode difficile et tragique pour des millions de personnes comme un simple incident de parcours. Car pour certain, la seule chose qui compte est le retour aux affaires… Navrant…

Qu’en est-il des enseignements que nous pouvons tirer de cet évènement ? Quel sens donné à cette crise sanitaire planétaire ? Qu’est-ce que cet incroyable coup de frein nous dit sur notre manière de vivre ensemble, de nous déplacer et de consommer ?

Il serait regrettable de demeurer aveugle et sourd face à la réalité d’un monde déchu et de le considérer comme la normalité. Jésus avait dit à ceux qui choisiraient de suivre sa voie : « vous n’appartenez pas au monde[1] », c’est-à-dire à un système de valeurs et de structures dominé par le « prince du monde[2] ».

Le chapitre 21 de l’évangile de Jean est une sorte de post-scriptum. Il apporte quelques précisions au sujet de deux de ceux qui avait tout quitté pour suivre le Christ, Simon Pierre et le disciple que Jésus aimait. Cet épilogue annonce également la mort de ces deux apôtres, lesquels ont joué un rôle phare, comme témoin, au sein la communauté des croyants du premier siècle. Ce chapitre rapporte un dialogue intime entre le Ressuscité et son disciple. Cet entretien est d’une authenticité et d’une profondeur bouleversante.

Simon Pierre était pêcheur sur le lac de Gennésareth. C’est là, au milieu de son travail, qu’il avait fait la rencontre de son Maître. De suite, il avait abandonné ses filets et sa barque pour parcourir villes et villages en suivant Jésus. Celui-ci l’avait désigné pour devenir « pêcheur d’humains ». Mais cette vocation et le changement de direction que cela impliquait avait été remis en cause par la mort du Maître. Non seulement, Celui-ci avait été condamné à mort et crucifié mais Simon Pierre avait nié le connaître.

On peut ressentir le dépit d’un homme qui avait perdu ses dernières illusions dans ces mots : « Je vais à la pêche. » Je retourne de là où je viens. Je reprends mes filets et ma barque, comme avant. Je vais essayer d’oublier ce mauvais rêve.

« Mais cette nuit-là, ils ne prirent rien. » Le retour à la normalité se solde par un revers. Simon Pierre est dans une impasse. Cependant, un inconnu se présente sur le rivage au retour des pêcheurs. Une fois encore, un peu comme si l’histoire se répétait, cette rencontre avec celui que les pêcheurs reconnaissent comme le Seigneur va remettre Pierre en marche.

Il n’y a pas de retour à la normalité pour celles et ceux qui ont décidé de suivre le Christ. Pas possible non plus de passer outre cette rencontre avec Celui qui nous interpelle : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » C’est dans l’intimité d’une relation avec le Vivant que nous sommes libérés de l’attraction du monde et de ses valeurs égocentriques tournées vers la seule satisfaction de nos besoins.

Le Maître compte sur moi, sur toi, sur nous pour prendre soin de ses moutons ! Pas de retour à la normalité donc, mais une marche vers Son Royaume de justice, de paix et de joie !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 28 mai 2020

[1] Jean 15 :19

[2] Ce nom donné par Jésus à celui que la Bible appelle aussi le diable, Satan, l’ange de lumière ou l’esprit des ténèbres.

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