La méditation quotidienne de Luc (40)

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« Qui de nous a cru la nouvelle que nous avons apprise ? Qui de nous a reconnu que le Seigneur était intervenu ?

Car, devant le Seigneur, le serviteur avait grandi comme une simple pousse, comme une pauvre plante qui sort d’un sol desséché. Il n’avait ni l’allure ni le genre de beauté qui attirent les regards. Il était trop effacé pour se faire remarquer. » Esaïe 53:1-2

Bonjour à toutes et à tous,

Lors d’une promenade en forêt l’autre jour, nous sommes passés, mon épouse et moi, à côté de cette merveilleuse ancolie sans l’apercevoir. Ce n’est qu’au retour, en revenant sur nos pas, que nous l’avons remarqué. Cette simple pousse avait grandi comme une pauvre plante sortant d’un rocher de calcaire posé en bordure du chemin. Visible certes, mais trop effacée pour que nous l’apercevions au premier regard.

Le chapitre 53 d’où est extrait le texte ci-dessus fait partie de la seconde partie de la prophétie du livre d’Esaïe. Elle vise la consolation des Judéens installés à Babylone depuis la chute de Jérusalem en 587 et 586 av. J.-C. Les premiers chrétiens ont vu dans le serviteur souffrant, ce personnage mystérieux que l’on retrouve à plusieurs endroits entre les chapitres 42 à 53 d’Esaïe, une figure du Christ. Pour les premiers destinataires de ces écrits, cette figure du serviteur du Seigneur annonçait la sollicitude du Tout-Autre, son intervention et son inlassable présence et soutien. Car contrairement aux apparences, le serviteur souffrant ne sera pas abandonné du Seigneur. Le rejet, la persécution et l’impuissance qu’il éprouvera ne feront que renforcer sa foi. Car lorsque tous les appuis terrestres disparaissent, il ne reste que la confiance dans le Seigneur. « C’est lui qui fera aboutir le projet du Seigneur » (v.10) nous dit le texte.

Mais comme pour tout ce qui est vulnérable, notre tendance naturelle serait plutôt de l’ignorer, « comme quelqu’un qu’on n’ose pas regarder. » (v.3) Le serviteur du Seigneur n’a pas ce genre de beauté qui attire les regards. En effet, celui qui souffre n’a pas d’allure. Il est ainsi facilement méprisé devenant le souffre-douleur, celui dont nous pensons que c’est Dieu qui le punit, qui le frappe et l’humilie (v.4).

Mais le Tout-Autre choisit justement ce qui est faiblesse aux yeux du monde pour couvrir de honte les forts ; il a choisi ce qui est bas, méprisable ou qui ne vaut rien aux yeux du monde pour détruire ce que celui-ci estime important.[1]

En arrière-plan de l’ancolie photographiée ci-dessus, on remarque deux grands arbres dont un est couché au sol, mort. Les apparences sont trompeuses. Ce qui peut sembler fort, puissant et imposant ne résiste pas et finit par passer.

Beaucoup de choses sont bouleversés dans ce monde. Et si cela nous permettait de détourner notre attention de ce qui attire les regards pour considérer ce qui nous a été annoncé et reconnaître que le Seigneur est intervenu ? Il a choisi un serviteur souffrant, une simple pousse, comme une pauvre plante qui sort d’un sol desséché pour que nous apprenions à nous pencher sur nos vulnérabilités et que nous les considérions comme ce qui élève l’humain. « En effet, celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »[2]

Il ne s’agit pas de béatifier la souffrance, la douleur ou l’humiliation, mais peut-être de réaliser que les peines de ce monde ne sont pas la fin de toutes choses. Assurément, c’est la foi, l’espérance et l’amour qui demeurent. Car après avoir subi tant de peines, mon serviteur verra clair, il sera nourri par une forte expérience. (v.11)

Puissions-nous accueillir davantage la vulnérabilité, la nôtre et celle des autres, pour y voir clair et nous nourrir de cette expérience qui deviendra alors une force !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                               Cormoret, le 19 mai 2020

[1] 1 Corinthiens 1 :27-28

[2] Luc 14 :11

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