Aumônerie et espérance – Par Pauline

Cet hiver, j’ai effectué un stage «découverte» en aumônerie dans le domaine de l’éducation spécialisée. J’ai suivi des aumôniers dans plusieurs institutions pour des personnes avec handicap mental. J’en ai profité pour réfléchir au lien entre aumônerie et espérance, depuis que quelqu’un m’a demandé si je me voyais, en tant qu’aumônière, comme «porteuse d’espérance».

L’aumônier espère-t-il pour les autres ? Peut-être.
L’aumônier espère-t-il avec les autres ? Sûrement.
L’aumônier espère-t-il par les autres ? Oui, aussi !
Car l’aumônier a une fenêtre privilégiée sur la vie spirituelle des personnes.

Qu’est-ce qu’ « espérer », qu’est-ce que l’espérance ?

Esperar, en espagnol, signifie «attendre». J’aime penser l’espérance comme une attente confiante de ce qui n’est pas encore (ou pas complètement) présent, mais qui vient sûrement.

Espérer, c’est croire en attendant ; espérer, c’est attendre en croyant.
Attendre avec confiance.
L’espoir, c’est espérer quelque chose dont on ne sait pas la probabilité. L’espérance, c’est espérer ce qui vient. La femme enceinte a l’espérance que l’enfant qui grandit dans son sein va venir, il est déjà là tout en n’étant pas encore là !
Quel est l’objet de mon espérance en tant qu’aumônière ?
Qu’est-ce que j’espère, qu’est-ce que j’attends avec confiance ?
J’attends bien sûr le chocolat chaud des quatre heures, la rencontre du lendemain, le week-end à la montagne. Et plus largement, j’attends avec confiance le jour où il n’y aura plus ni larmes, ni mort, ni deuil, ni cri, ni douleur (Ap 21). Ce jour viendra dans le monde nouveau, où Dieu rassemblera toutes choses en Christ (Eph 1). Avec le retour du Seigneur, viendront de nouveaux cieux et une nouvelle terre. J’espère le retour du Seigneur ! Ce jour n’est pas encore venu mais il vient : je le crois et m’en réjouis. Ce dont je me réjouis le plus, dans l’avènement de ce monde nouveau, c’est que nous serons tous rassemblés : riches et pauvres, hommes et femmes, malades et bien-portants, personnes handicapées et non-(encore ?) handicapées.
Ce que j’espère accomplir, c’est relier les hommes avec Dieu et les hommes entre eux. Être une présence qui chemine avec l’autre, dans son chemin vers Dieu et dans son chemin vers les autres. À la Cité du Genévrier, l’une des maisons où j’étais en stage : à une activité de l’aumônerie durant le temps de l’Avent, R., monsieur d’une cinquantaine d’années avec une déficience intellectuelle, m’a attrapé la main et m’a dit : «Je suis tellement content de te connaître, Pauline.» Cela faisait juste vingt minutes que nous nous étions rencontrés. Je suis touchée par la profondeur de présence de cet homme et par la manière dont il manifeste aux personnes qui l’entourent à quel point elles sont aimées. C’est dans ces situations que j’espère par les autres.
La bonne nouvelle : pas besoin d’être aumônier pour espérer ! Nous sommes tous porteurs d’espérance, lorsque nous attendons avec confiance la visite du Seigneur.

Lausanne, le 5 mars 2019, Pauline

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