La méditation de la semaine (10)

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)


Abonnez-vous à la méditation de la semaine en version audio par Whatsapp

Mais quand il vit la violence du vent, il eut peur. Il commença à s’enfoncer dans l’eau et s’écria : Seigneur, sauve-moi ! (Matthieu 14 :30)

Bonjour à toutes et à tous,

Les vidéos amateurs et les images terrifiantes des explosions du port de Beyrouth, capitale du Liban, ont déferlé sur la toile et dans les médias. Cette tragédie qui frappe un pays en proie à de nombreuses difficultés et une population déjà touchée par la pauvreté est tout simplement inimaginable… (larmes… supplications… prières…)

La violence des déflagrations et leur effroyable impact ne peuvent susciter que de l’angoisse et de la peur. Comme pour toutes les victimes et les survivants de pareilles catastrophes, les nuits des habitants de Beyrouth seront plus ou moins longtemps hantées par des cauchemars et autres symptômes de stress post-traumatiques.

Pierre, le disciple de Jésus, a vécu une expérience unique et effrayante aussi. Lui et ses compagnons connaissaient une traversée épouvantable. Leur barque était battue par les vagues et le vent était contraire. C’était la fin de la nuit lorsqu’ils aperçurent une silhouette marchant à leur rencontre. Ils crurent voir un fantôme et se mirent à pousser des cris de frayeur. Jésus, car c’est de lui qu’il s’agissait, leur parla : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ! » Entre foi et doute, Pierre rétorqua : « Si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. » « Viens », lui dit Jésus.

Mais voilà, l’hostilité des éléments, la violence du vent, ont tôt fait de raviver une peur compréhensible. Entre confiance et crainte, Pierre est ballotté et commence à perdre pied. « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main et le saisit.

Pour retrouver la foi, la confiance, pour repartir marcher dans un monde hostile, obscur et imprévisible, nous avons tous besoin d’une main secourable, du Christ qui étend sa main et nous saisit. Il comprend que notre foi soit faible et ne nous le reproche pas. « Pourquoi as-tu douté ? » La question de Jésus est une invitation à faire un pas de plus dans sa direction, dans la confiance.

Qu’est-ce qui m’empêche de croire au Dieu de tendresse qui ne manque pas de se révéler au cœur des plus grandes obscurités, des plus terribles tempêtes, des plus horribles catastrophes ? Il est là. Il marche vers nous en pleine nuit. Et même si épouvantés, nous le confondons temporairement avec un fantôme, nos peurs ne pourront faire taire une voix qui appelle : « C’est moi. » Nos angoisses ne sauront nous éloigner de Sa main étendue qui nous saisit.

Qui sera la main secourable du Christ pour les habitants de Beyrouth ? Prions afin que l’aide et la solidarité internationale, les équipes de sauvetage, les ONG et autres missions d’aide en cas de catastrophe parviennent à soulager le peuple libanais et lui redonner des raisons de croire et d’espérer.

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                               Cormoret, le 7 août 2020

La méditation de la semaine (9)

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)


Abonnez-vous à la méditation de la semaine en version audio par Whatsapp

 

« En fait, c’est une patrie meilleure qu’ils cherchaient, c’est la patrie du ciel. » Hébreux 11:16

Bonjour à toutes et à tous,

Dans le top 10 des clichés sur la Suisse, on retrouve en bonne place les vaches, juste derrière le fromage et le chocolat, deux produits à base de lait de vache, justement. Les montagnes sont également des emblèmes de suissitude. La beauté et la propreté de notre pays font aussi partie des qualités reconnues et appréciées, sans oublier les montres, les banques et le fameux couteau suisse. N’en jetez plus, la coupe est pleine !

En cette veille de fête nationale, il se pourrait que le patriote qui sommeille en nous, se réveille un peu… Pourtant, nous le savons, les clichés ne résistent pas longtemps face à une réalité plus contrastée. Un peu comme cette bonne vieille carte postale représentant un paysage enchanteur qu’on envoyait même si la vue était nettement moins attrayante !

Les humains et les citoyens que nous sommes n’échappent pas à l’utopie de nous croire parfois meilleur que les autres, n’est-ce pas ? Car comme le dit le Cantique suisse « les beautés de la patrie parlent à l’âme attendrie. » Mais ne nous attendrissons pas trop sur tous ces clichés !

Si l’auteur de l’épitre aux Hébreux nous reste inconnu, les destinataires de ces écrits sont eux assez clairement identifiés. Ils s’adressent à des chrétiens d’origine juive, des Hébreux issus du peuple de la promesse, descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Le contexte est semble-t-il celui d’une tendance à un retour à des pratiques sacrificielles ancestrales héritées de leurs pères.

Et c’est donc à partir de ces pères-là, qu’il développe son propos démontrant une constante et une continuité entre la foi des ancêtres et celle dont le Christ est l’initiateur, Celui qui la mène à son accomplissement. Pourtant, pour l’auteur, il n’y a aucune commune mesure entre l’ancien, le passé et le futur, entre le présent visible et l’invisible espérance de la cité à venir.

Clairement, cette Parole nous invite à garder nos yeux fixés sur le Christ et sur la promesse de résurrection dont il est porteur. Il ne s’agit pas de vivre dans l’illusion d’une pleine et immédiate réalisation dans nos patries et nos possessions terrestres.

Car contrairement aux paroles du Cantique suisse, ce ne sont pas des grands monts que vient le secours. Rien ne sert non plus de garder la foi des aïeux, de vivre comme eux et de mettre ses biens, son cœur et sa vie sur l’autel de la patrie pour obtenir le trésor précieux que Dieu bénira des cieux.[1]

Le croyant est une personne qui n’oriente pas seulement sa vie selon les réalités visibles, présente et passée. Elle est entièrement tournée vers un avenir, un devenir encore à réaliser, un accomplissement, une complétude dont Jésus, le Christ est le pionnier.

Loin des clichés, des traditions ou d’un patriotisme béat, restons debout, en marche à la suite du Christ et à la recherche d’une meilleure patrie. « Je préfère donc bien plutôt mettre ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure[2] », écrivait un autre juif du premier siècle.

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                            Cormoret, le 31 juillet 2020

[1] Extraits de la 4e strophe du Cantique suisse. Le voici en intégralité :

Des grands monts vient le secours;
Suisse, espère en Dieu toujours!
Garde la foi des aïeux, Vis comme eux!
Sur l’autel de la patrie
Mets tes biens, ton cœur, ta vie!
C’est le trésor précieux
C’est le trésor précieux
Que Dieu bénira des cieux,
Que Dieu bénira du haut des cieux.

[2] 2 Corinthiens 12 :9

La méditation de la semaine (8)

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)


Abonnez-vous à la méditation de la semaine en version audio par Whatsapp

« Arrêtez, et sachez que je suis Dieu ! Je domine sur les nations, je domine sur la terre. » Psaume 46:11

Bonjour à toutes et à tous,

Arrêtez ! Cette injonction peut entraîner des réactions diverses… Le plus souvent, on constate une résistance voire carrément une ignorance face à un ordre qui paraît absurde. Car arrêter un véhicule en marche, une activité, une guerre, un travail en cours ou une économie florissante pour certains n’est pas simple. Dans le feu de l’action et avec la pseudo-maîtrise pseudo-rationnelle de tout l’existant que l’homme moderne s’est forgée, abandonner son affairement et sa course effrénée est délicat. Arrêter, c’est délaisser l’illusion de la maîtrise et de la toute-puissance.

Nous sommes en 2020 et cette année n’est pas vraiment comme les autres. Peut-être même qu’elle constituera un tournant… Nombre de choses se sont arrêtées et nul n’aurait imaginé qu’elles puissent se retrouver immobilisées un jour. Qui aurait pu songer un instant voir toutes les flottes de l’aviation civile clouées au sol, à l’arrêt ?

Et même si depuis quelque temps, les « affaires » ont (malheureusement ?) repris, j’aimerais ne pas rester conforme au siècle présent, mais me laisser transformer et renouveler dans mon intelligence par ce qu’il vient de se passer[1]. Tant de choses que l’on faisait sans se poser de question se sont arrêtées. Tant de manières de vivre se sont modifiées.

« Arrêtez, et sachez que je suis Dieu ! » Arrêter pour considérer l’Autre et connaître qui est Dieu. Voici une immobilité libératrice ! C’est se confronter à une limite qui sauve. L’arrêt permet de reconnaître qu’il y a Quelqu’un d’autre qui existe en dehors de moi et qui surpasse toutes mes actions et toutes les choses futiles de ce monde-ci. Arrêter de croire que je peux tout et que je suis tout. Enfin sauvé !

Dans le contexte du psaume 46, Dieu intime l’ordre d’arrêter les combats, de casser les arcs, de briser les lances, d’incendier les chars de guerre. Autant de symboles de puissance, de domination que les nations brandissent, se croyant fortes, armées jusqu’aux dents, invincibles. « Arrêtez, et sachez que je suis Dieu ! Je domine sur les nations, je domine sur la terre. »

Pour connaître et savoir qui est Dieu, il faut abandonner, laisser tomber ce que nous pensons détenir par nos propres forces, nos propres moyens. C’est aussi cela la crainte de l’Eternel et elle est le commencement de la sagesse, nous dit le livre des Proverbes[2]. Laisser aller notre ambition de maîtrise et le côté rationnel et rassurant du faire, pour se laisser rencontrer par le seul abri et le seul appui qui vaille.

Car le sens de l’existence se trouve dans le calme et la méditation. La vie spirituelle, c’est l’immobilité qui donne du sens à notre action. Arrêter n’est donc pas si grave. C’est juste remettre les choses dans le bon ordre et nous replacer à notre juste place.

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                            Cormoret, le 24 juillet 2020

[1] Romains 12 :2

[2] Proverbes 1 :7

La méditation de la semaine (7)

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)


Abonnez-vous à la méditation de la semaine en version audio par Whatsapp

« La justice fera naître la paix, elle apportera la tranquillité et la sécurité pour toujours. Le peuple du Seigneur habitera dans un endroit paisible, dans des maisons sûres, dans des lieux tranquilles. » Esaïe 32:17-18

Bonjour à toutes et à tous,

L’autre jour, j’étais invité chez des amis pour une fondue. Nous avons passé une soirée tranquille sur leur jolie terrasse abritée et paisible ; des instants d’amitié inestimables et tellement bienfaisants.

Mes amis m’ont raconté leur attachement pour un pays lointain, l’Afrique du Sud. Leur récit touchant et passionnant m’a captivé. En effet, ce pays d’une richesse minière prodigieuse (notamment or, diamant et uranium) et d’une beauté inouïe, connaît un taux d’inégalité des plus élevés au monde. Malgré une économie parmi les plus développés du continent africain, le pays a connu un appauvrissement général de la population au cours des trente dernières années. 40 % des villes sont composées de « townships[1] » et la différence entre les riches et les pauvres est très visible. Mes amis témoignaient du choc que cela a représenté pour eux. La corruption et les écarts entre les deux classes sociales sont à l’origine de beaucoup de tensions. À Soweto, au sud-ouest de Johannesburg, le plus grand « township » du pays compte plus d’un million d’habitants. Il comprend également des résidences de personnes aisées, issues elles-mêmes du « township ». Leurs luxueuses maisons sont entourées d’un mur d’enceinte, surmonté de fils de fer barbelés et d’une clôture électrifiée. Choquant…

Le prophète Esaïe nous parle d’habiter dans un endroit paisible, dans des maisons sûres et des lieux tranquilles. Qui n’aspire pas à vivre dans la tranquillité et la paix ? Sauf que dans bien des cas, cela se conçoit en se prémunissant contre l’inquiétude et les tensions générées par les injustices et les inégalités, comme le rapportaient mes amis.

La parole de Dieu transmise par le prophète et adressée aux habitants de Judas est un appel à la justice sociale et à la responsabilité comme remparts contre les menaces qui pèsent sur eux. Rien ne sert de mettre sa confiance dans des stratégies d’alliances politiques ou des mesures de sécurité. Seule la justice fera naître la paix apportant la tranquillité et la sécurité.

Notre siècle se caractérise notamment par des inégalités sociales jamais atteintes et pas seulement en Afrique de Sud. Dans nos pays riches, on nous sert volontiers un argumentaire sécuritaire, la construction de murs et la fermeture des frontières, comme des solutions à notre sentiment d’insécurité. Foutaise ! Excusez ces propos un peu acerbe, mais j’éprouve une vraie colère devant l’ignominie et l’inconséquence de certains dirigeants politiques et autres décideurs. Il ne peut y avoir de tranquillité et de paix sans justice !

Sans nier la complexité des problèmes et le défi de faire évoluer les mentalités des pauvres comme celles des riches, attachons-nous à agir dans notre sphère d’influence pour davantage de justice sociale, d’équité et d’éthique. Ne nous lassons pas d’aimer en vérité !

« Alors ta lumière poindra comme l’aurore, et ton rétablissement s’opérera très vite.
Ta justice marchera devant toi et la gloire du SEIGNEUR sera ton arrière-garde. »[2]

Car le jeûne que Dieu aime « c’est partager ton pain avec celui qui a faim, c’est ouvrir ta maison aux pauvres et aux déracinés, c’est fournir un vêtement à celui qui n’en a pas, c’est ne pas te détourner de celui qui est ton frère. »[3]

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                            Cormoret, le 17 juillet 2020

[1] Le township désigne, en Afrique du Sud, des quartiers pauvres et sous-équipés réservés aux non-Blancs. Ces zones urbaines sont principalement occupées par des populations noires ou coloured, mais aussi par des travailleurs indiens déplacés de force au nom des lois sur l’Apartheid. Source : Wikipédia

[2] Esaïe 58 :8

[3] Esaïe 58 :7

La méditation de la semaine (6)

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)


Abonnez-vous à la méditation de la semaine en version audio par Whatsapp

« Esaü traita Jacob en ennemi à cause de la bénédiction qu’il avait obtenue de son père. » Genèse 27:41

Bonjour à toutes et à tous,

La rupture entre Esaü et Jacob est un épisode bien connu du livre des commencements (la Genèse). Jacob, le rusé, et Esaü, le chasseur, étaient deux frères jumeaux que tout opposait. Leur rivalité était exacerbée par des parents qui avaient chacun une préférence pour l’un et pour l’autre. Esaü était « un habile chasseur, un homme de la campagne » et Jacob était « un homme tranquille, qui restait sous les tentes. » Aujourd’hui, on dirait un citadin et un campagnard.

Nous y voilà. En effet, nous opposons nous aussi volontiers ce qui est différent : la ville et la campagne, la Suisse romande et la Suisse alémanique, ceux du haut et ceux du bas, etc.

Nous avons aussi nos préférences pour telle et telle personne plutôt qu’une autre. Nous comparons et faisons des catégories, des classements. Peut-être avons-nous nous aussi nos « chouchous » ! La diversité donnée par Dieu est cause de tension, de séparation, d’opposition et de haine. Pourquoi ? Les différences entre humains, entre peuples et nations, entre personnes de couleurs différentes, entre cultures et religions, sont clairement une idée du Créateur d’après la Genèse. Pourquoi donc en faisons-nous une raison de nous mettre en concurrence, en compétition, en opposition ?

Sans doute que l’ego et l’identité que nous nous sommes forgés contribuent grandement aux divisions que nous pouvons observer un peu partout. Mais comme Jacob et Esaü sont sortis du ventre de la même mère suite à l’intervention divine et qu’elle a donné naissance à des jumeaux selon la parole de Dieu[1], nous devrions reconnaître la main de Dieu qui, habilement, renverse nos catégories et nos manières de nous mettre en concurrence. « Un de ces peuples sera plus fort que l’autre, et le grand servira le petit. » Que veut dire être plus fort que l’autre ? Sinon que le grand doit servir le petit. Nous pouvons lire déjà dans cette phrase un principe de réciprocité et d’égalité.

Jésus dira : « Le plus grand parmi vous doit être votre serviteur. Celui qui s’élève lui-même sera abaissé, mais celui qui s’abaisse lui-même sera élevé. »[2]

Jésus-Christ est le modèle qui nous donne à comprendre que nous pouvons sans crainte abandonner notre ego, renoncer à nous-mêmes et le suivre. Il est celui qui réunit ce que nous séparons, qui réconcilie ce que nous opposons, qui pacifie ce que nous divisons.

L’altérité est une source de tension inévitable. Elle nous est donnée comme une opportunité de nous découvrir différent, de nous comprendre et d’apprendre à coopérer pour que la terre soit habitable pour tous.

Je ne suis pas toi et tu n’es pas moi ! Essayons de commencer à nous comprendre !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                            Cormoret, le 10 juillet 2020

[1] « Deux nations sont dans ton ventre, deux peuples se sépareront au sortir de ton sein ; un de ces peuples sera plus fort que l’autre, et le grand servira le petit. » (Genèse 25 :23)

[2] Matthieu 23 :11-12

La méditation de la semaine (5)

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)


Abonnez-vous à la méditation de la semaine en version audio par Whatsapp

« Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu ne moissonneras pas ton champ jusqu’au bord et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. Tu ne cueilleras pas non plus les grappes restées dans ta vigne, tu ne ramasseras pas les grains qui en seront tombés. Tu abandonneras cela au pauvre et à l’immigré. Je suis le SEIGNEUR (YHWH), votre Dieu. » Lévitique 19 :9-10

Bonjour à toutes et à tous,

La question des frontières est revenue sur le devant de la scène et de l’actualité. Certes, elles n’avaient jamais disparu. Mais depuis le bouleversement planétaire causé par un virus microscopique, les limites territoriales des Etats et des régions se sont avérées utiles pour tenter de faire barrage contre la propagation de l’épidémie. Les règles d’hygiène et de distanciation, les limitations des rassemblements et les mises en quarantaine sont là aussi pour nous rappeler que la vie en société nécessite des règles visant à protéger les individus vulnérables et à respecter autrui.

Dans la Bible, le Lévitique est un peu comme notre Code Civil actuel. Ces lois sont un outil servant à mettre en évidence les faiblesses et les limites d’une personne vis-à-vis d’elle-même, de l’autre et de Dieu. Elles forment un recueil de règles de vie. Car la vie en général et la vie en société en particulier, implique des règles, des démarcations pour que les individus qui la composent puissent se développer et s’épanouir dans l’équité et la justice.

Ce sont donc des règles pour et en faveur de la vie. Elles visent à permettre de rester en communion avec Dieu et avec son prochain. Un commentateur du chapitre 19 du Lévitique relevait un dénominateur commun qu’il résumait ainsi : Il faut rechercher ce qui facilite la communion et éviter ce qui y fait obstacle[1]. Rester dans la relation et prévenir les blocages.

Les limites des lois doivent nous permettre de conserver la cohésion qui n’est possible qu’au travers d’une solidarité concrète. Ces fondamentaux sont constamment remis en cause et menacés par les réactions de repli et de peurs générées par notre égo. Cela est particulièrement sensible en période de crise.

Acceptons les limites fixées par le Seigneur de tous les humains en faveur des pauvres et des immigrés. Faisons-leurs une place dans notre pays ! Laissons-les glaner dans nos champs et nos vignes ! Abandonnons-leurs une part de nos revenus ! Recherchons le bien de la société civile dans laquelle nous sommes appelés à vivre comme des enfants de la lumière. Celui qui est Lumière ne connaît aucune éclipse. Au contraire, Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons[2]. Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait[3], disait Jésus.

Ne fermons pas les frontières de notre cœur mais demeurons éveillés afin de rechercher ce qui facilite la communion et éviter ce qui y fait obstacle.

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 3 juillet 2020

[1] Pierre Magne, L’amour du prochain, Revue Lire & Dire no 26, 1995

[2] Matthieu 5 :45

[3] Matthieu 5 :48

La méditation de la semaine (4)

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)


Abonnez-vous à la méditation de la semaine en version audio par Whatsapp

« Le roi qui gouverne les êtres humains avec justice et qui se soumet à Dieu pour les diriger est pareil au soleil qui se lève, lumineux, dans un ciel matinal sans nuage. À la chaleur de ses rayons, après la pluie, la verdure sort de terre. »                            2 Samuel 23: 3b-4

Bonjour à toutes et à tous,

Le texte ci-dessus fait partie des dernières paroles de David, le grand roi d’Israël. Il se compare à un soleil qui se lève et dont la chaleur de ses rayons fait sortir la verdure de terre. Rien que ça !

Cela me fait penser à un autre roi célèbre, Louis XIV appelé aussi le Roi Soleil et dont la souveraineté sur le royaume de France dura septante-deux ans ! La monarchie de droit divin lui conférait alors tous les pouvoirs. En effet, le roi de France tenait sa couronne de Dieu et il était « empereur en son royaume » selon la formule consacrée. Pour les historiens, le Roi Soleil est sans doute celui qui incarna le mieux la monarchie de droit divin. Le mythe autour de sa personne ainsi que la construction d’un lieu monumental pour asseoir son pouvoir (le château de Versailles) sont là pour en témoigner.

L’évocation de ces deux personnalités hors du commun qui ont marqué l’histoire du peuple d’Israël pour David et celle de France pour Louis le Grand peut surprendre. Le premier est décrit dans les Ecritures comme « un homme selon le cœur de Dieu » ce qui ne l’a pas empêché d’être adultère et meurtrier. Le second s’est surtout attaché à asseoir son pouvoir dans un absolutisme de droit divin en persécutant notamment les communautés protestantes. Les parallèles sont sans doute hasardeux…

Toutefois, nous retrouvons dans les deux cas ce qui fait la grandeur, la magnificence mais aussi la décadence d’une monarchie avec un culte de la personnalité qui nous paraît déplacée aujourd’hui. Pour nous, citoyens d’un Etat démocratique disposants des droits civiques et politiques et vivants au vingt-et-unième siècle, il est particulièrement difficile d’admettre qu’une personne quel qu’elle soit prenne une position de pouvoir absolu.

Aucunement nostalgique de la monarchie fut-elle de droit divin, je m’interroge sur les sphères du pouvoir et la manière dont nous sommes invité à exercer nos droits, nos devoirs et donc notre autorité. Car en démocratie, plus de pouvoir absolu ni de droit divin, mais des droits et des devoirs civiques et politiques pour tous. Le pouvoir est entre les mains du peuple et chaque citoyen est appelé à l’exercer avec discernement. Tous citoyens et donc tous responsables !

Cette position de pouvoir et d’autorité est certes limitée mais bien réelle. Par nos choix, nos actes, notre attitude et notre discours nous influençons le vivre ensemble et la manière de faire société.

Si nous contextualisons la prière du roi David nous pourrions écrire ceci : Le peuple qui exerce ses droits et ses devoirs avec justice et qui se soumet à Dieu pour se diriger est pareil au soleil qui se lève, lumineux, dans un ciel matinal sans nuage. À la chaleur de ses rayons, après la pluie, la verdure sort de terre.

Le peuple de Dieu qui est l’Eglise est appelé à être lumière du monde et sel de la terre selon les paroles de Jésus[1]. Les disciples de Jésus-Christ donnent de la saveur. La source lumineuse qu’est le Christ rayonne au-delà d’eux-mêmes pour en réchauffer d’autres. Par cette image, le Christ nous invite à déceler notre vocation profonde dans le monde[2].

Le récit biblique au travers de ces grandes figures tel que le roi David culmine en Jésus, le Christ. Aujourd’hui, nous sommes son corps agissant dans le monde, suivant les pas de l’homme de Nazareth. Notre pouvoir et nos potentialités de faire du bien sont réelles. Nous possédons toutes et tous des dons et des capacités uniques. Ces nuances sont la saveur particulière qu’aucun autre que nous-même ne peut apporter au monde.

Suivant l’appel du prophète Michée[3], entrons dans notre vocation et poursuivons notre marche à la suite du roi serviteur !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 26 juin 2020

[1] Matthieu 5 :13-16

[2] Carolina Costa, « Lumière du monde, sel de la terre », https://epg.ch/lumiere-monde-sel-de-terre/

[3] « On t’a enseigné ce qui est bien, ce que le Seigneur exige de tout être humain : il demande seulement que tu respectes les droits des autres, que tu aimes agir avec bonté et que tu suives avec humilité le chemin que lui, ton Dieu, t’indique. » Michée 6 :8 (NFC)

La méditation de la semaine (3)

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)


« …tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, jusqu’à ce que tu retournes à la terre d’où tu as été tiré. » Genèse 3:19

Bonjour à toutes et à tous,

« Le travail c’est la santé. Rien faire c’est la conserver » chantait Henri Salvador en 1965. Cette chanson écrite pendant les « Trente Glorieuses », en plein boum économique, est le reflet d’une époque qui a permis d’obtenir une semaine supplémentaire de congés payés et favorisé l’essor de la société de loisirs.

En 2020, après le passage d’une pandémie mondiale, ce n’est plus tout à fait la même chanson. Le chômage guette et il affecte déjà bon nombre de personnes aujourd’hui. La désinvolture et l’ironie de la chanson d’Henri Salvador semble soudain si loin…

Il y a exactement cent ans, notre pays traversait également une grande crise économique. En effet, la guerre mondiale avait mis fin brutalement à une ère de prospérité. L’inflation et les pénuries ont conduit à la grève générale en 1918. Suite à l’action de la BNS pour faire baisser le niveau des prix, l’économie s’est affaissée et le taux de chômage a progressé jusqu’à atteindre 3,4% en 1922[1].

Il arrive qu’au bord de nos routes et chemins de montagne, on découvre des traces de cette époque difficile. La photo qui accompagne la méditation de cette semaine illustre une gravure réalisée dans la roche par des chômeurs en 1921 sur les hauteurs de Villeret[2]. Elle est un témoignage de ces hommes, ces femmes, ces enfants touchés par la crise des années 1920. On peut y distinguer une montre à gousset typique de cette époque. Le temps qui s’écoule inexorablement voit ainsi se succéder les temps de prospérité et les temps de crise et cela depuis toujours.

Cette gravure atteste de la ténacité, de la volonté et de la créativité de ces ouvriers au chômage. On y retrouve également la fierté de ces personnes qui ont travaillé dur au service de la collectivité pour nous permettre encore aujourd’hui de rejoindre les sommets.

Dans le livre de la Genèse, on peut lire un récit des origines singulier. Cette histoire nous invite encore et toujours à nous questionner sur le sens de la vie, sur la finitude de l’homme. Il vise à répondre aux grandes questions existentielles des humains. Le chapitre 3 raconte ce qu’on a longtemps considéré comme « la chute » ou « le péché originel ». Pourtant, ces expressions ne sont pas bibliques et même le mot « péché » est absent de ce récit. Qu’est-ce à dire ?

Alors qu’une lecture « classique » de ce texte y a vu Dieu punir l’humanité désobéissante, on peut y lire également un acte bienveillant avec la mise à distance de l’humanité du paradis. Apparaissent ainsi la liberté et la responsabilité de se reconnaître vulnérable, de vivre ou de subir la condition humaine, d’accueillir ou non la sollicitude de Dieu.[3]

Croyant pouvoir échapper à leur vulnérabilité en devenant « comme des dieux », les humains, femme et homme, découvrent une nouvelle connaissance de leur faiblesse. De ce fait, ils se retrouvent en position de responsabilité pour se nourrir et transmettre la vie.

Nous ne vivons pas au Paradis, mais dans un monde avec ses difficultés, peines, injustices. Malgré notre finitude et nos fragilités, nous sommes encore placés devant notre responsabilité de faire face aux crises que nous traversons.

Rien ne sert d’accuser qui que ce soit, mieux vaut continuer de travailler et d’agir aujourd’hui en sachant que notre origine se trouve au Paradis et qu’il est encore comme l’horizon de nos vies. Il est niché au cœur de chacun comme une espérance, une source, une distance qui pousse en avant.

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                               Cormoret, le 19 juin 2020

[1] « Le marché suisse du travail depuis 1920 : les tendances à long terme », Pr. George Sheldon.

[2] Commune du Jura bernois en Suisse. La photo a été prise en bordure de la route aménagée par des chômeurs entre le village et la Vieille Vacherie sur le versant nord du Chasseral.

[3] Evelyne Roland et Patrice Rolin, « Genèse 3, 8-24 : Sortir d’Eden, punition ou promotion ? » Revue Lire et dire, no 71, 2007

La méditation de la semaine (2)

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)


Abonnez-vous à la méditation de la semaine en version audio par Whatsapp

« Nous savons, du reste, que tout coopère pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son projet. » Romains 8:28

Bonjour à toutes et à tous,

Que ce soit au travers de l’étude de la physique ou plus prosaïquement par l’expérimentation terre-à-terre de tout un chacun, le corps et la matière, le mouvement et l’énergie sont des notions que nous connaissons bien.

Notre propre mobilité dépend des règles de la physique et elle est liée à la pesanteur. Elle met en jeu la notion d’équilibre dynamique. Lorsqu’un déséquilibre survient, notre corps est doté d’éléments interconnectés pour la régulation et la rétroaction qui nous permettent, en principe, de rétablir l’équilibre.

Les chutes qui concernent un grand nombre de nos aînés, hantent parfois leur quotidien et celui de leurs proches. Elles résultent de la détérioration des fonctions motrices et physiologiques inhérente aux pathologies du vieillissement. Différents troubles de la mobilité et de l’équilibre, troubles de la vue et de l’ouïe, troubles cognitifs, brèves pertes de connaissance et autres incidents vasculaires cérébrales provoquent ces chutes. Elles sont rarement le résultat d’une seule cause.

Les pertes d’équilibre et les chutes qu’elles provoquent ne sont jamais agréables. Les conséquences peuvent être douloureuses voire dramatiques. La terre est basse et la gravitation est difficile à surmonter. Nous sommes plus vite parterre que l’on pense. Cette terre, dont nous avons été tirés, nous attire à elle. Le rappel est parfois violent. C’est ainsi et nous n’y pouvons rien faire.

Loin d’être fataliste, ces propos nous redisent une simple réalité qu’il est cependant parfois difficile d’accepter. En fait, ce n’est pas tant la chute qui fait peur, mais la perte d’autonomie et l’incapacité de lutter contre les effets du vieillissement qu’elle nous révèle.

Les aînés sont une richesse et méritent toute notre attention. Car tant bien que mal, ils essaient de surmonter les défaillances, les déficiences et autres obstacles qui se présentent sur le chemin de la vieillesse. J’admire en particulier toutes celles et tous ceux qui font chaque jour de nouveau le choix de la confiance et développent leur aptitude à s’en remettre au projet bienveillant de Dieu.

Le célèbre physicien Albert Einstein a écrit cette petite phrase à son collègue danois Niels Bohr dans le cadre de leur débat sur la physique quantique : « Je suis, en tout cas, convaincu qu’Il ne joue pas aux dés. » Ce à quoi Bohr aurait répondu : « Mais qui êtes-vous, Albert Einstein, pour dire à Dieu ce qu’il doit faire ? »

L’apôtre Paul écrivant aux chrétiens de Rome exprime lui la foi qui l’anime avec ces mots : « Nous savons que tout coopère pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son projet. »

Rien n’est le fruit du hasard, mais tout participe d’un dessein, d’un projet, d’une cause. Et tout coopère, l’équilibre et le déséquilibre, la chute et le relèvement, au bien de ceux et celles qui aiment Dieu. Car Il veut les attirer à lui dans son projet bienveillant.

Non, la terre n’est pas notre destination finale. Elle n’est qu’une étape dans un plan beaucoup plus vaste qui aboutit dans la demeure du Père. Avec ou sans chute, continuons d’avancer sachant que nous sommes portés par un projet d’amour. Ce n’est donc pas le hasard d’un jet de dés qui détermine notre existence. La chute n’est pas non plus une fatalité à redouter. Car « si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (v.31). Soyons en persuadé, « rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour que Dieu nous a manifesté en Jésus Christ notre Seigneur. » (v.39)

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                               Cormoret, le 12 juin 2020

La méditation de la semaine (1)

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)


Abonnez-vous à la méditation de la  semaine en version audio par Whatsapp

« Conduisez-vous comme des personnes libres ; cependant, n’utilisez pas votre liberté comme un voile pour couvrir la malveillance, agissez plutôt comme des personnes qui sont au service de Dieu. » 1 Pierre 2:16

Les libertés individuelles sont un des piliers de nos démocraties modernes. La crise sanitaire que nous traversons a chamboulé non seulement nos habitudes, mais elle a changé drastiquement la donne en ce qui concerne nos libertés. Les mesures exceptionnelles prises par l’Etat avec le décret de l’état de nécessité ou d’urgence sanitaire ont porté atteintes à notre liberté. Ces mesures, heureusement provisoires, nous incitent néanmoins à nous questionner sur ces valeurs fondamentales de la démocratie. Il semblerait, selon certains, que celles-ci soient menacées…

Le rapport entre le chrétien et l’Etat est, à toutes les époques et sous tous les régimes, une question d’actualité. Car d’Etat chrétien il n’existe pas. « Ma royauté n’est pas de ce monde » avait répondu Jésus au gouverneur Pilate. Et même si notre civilisation occidentale est marquée par la Réforme du 16e siècle, le siècle des Lumières, la Révolution française et la déclaration universelle des droits de l’homme, nos démocraties modernes et les valeurs « chrétiennes » qui les sous-tendent se trouvent remises en cause un peu partout. Les dérives populistes, autoritaires et les lois liberticides se développent aussi particulièrement en temps de crise.

La première épitre de Pierre est un texte qu’on peut situer vers l’an 64-65, si on l’attribue à l’apôtre du même nom. Ce dernier serait mort peu après en martyr à Rome, sous le règne de Néron, lequel sévissait contre les chrétiens.

Cette lettre tente de répondre à la difficile question : « Comment vivre en chrétien dans une société qui a d’autres valeurs ? » Car à la suite de Jésus-Christ, les chrétiens vont à contre-courant. Les destinataires sont « des immigrés, dispersés » en Asie mineure (la Turquie actuelle) sous domination de l’Empire romain. (1 Pierre 1 :1)

La notion de liberté de croyance et de conscience ainsi que toutes les libertés fondamentales garanties par l’Etat de droit que nous connaissons n’existaient pas.

Si le chemin inauguré par Jésus-Christ et sur lequel il invite les croyants à le suivre est une voie étroite qui conduit à la Vie, elle est aussi une manière subversive de vivre. En effet, elle est soumise à la loi d’amour, plutôt qu’aux lois humaines et à l’autorité de l’empereur ou de l’Etat.

L’apôtre appelle ses lecteurs à se conduire comme des personnes libres. Dans le contexte de ces chrétiens d’Asie mineure, ces paroles résonnent comme un appel à cette liberté qui se trouve en Jésus-Christ et dans son exemple de soumission au Dieu d’amour.

Car l’Amour ne peut être captif. Il ne peut être mis à mort. Les calomnies, les intimidations et les persécutions ne peuvent détruire l’Amour. Cette liberté-là est « dangereuse » car elle est contagieuse ! Oui, l’Amour libère.

Les menaces qui pèsent sur nos libertés individuelles ne devraient pas nous détourner de notre liberté en Christ. Veillons donc à nous conduire comme des personnes libres d’aimer en tout temps, en tous lieux et en toutes circonstances.

Pour terminer, voici deux citations de personnalités qui ont pensé la liberté, la liberté en Christ :

« Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. » Nelson Mandela

« Ser­vir Dieu est la su­prême li­berté. » Au­gus­tin

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                                Cormoret, le 5 juin 2020