La méditation quotidienne de Luc (47)

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« Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. » Actes 2:1

Bonjour à toutes et à tous,

Les Eglises doivent repenser la manière de se rassembler. Certaines d’entre elles s’apprêtent à vivre un dimanche de Pentecôte bien particulier avec les premières messes et cultes célébrés dans les églises et les temples en présence des fidèles depuis presque trois mois. D’autres renoncent pour l’instant en raison de mesures difficilement applicables dans leur contexte.

Ce que nous vivons actuellement est totalement inédit et même si les rassemblements de personnes sont de nouveau possibles à certaines conditions, le fonctionnement même des Eglises a été totalement chamboulé par cette crise sanitaire sans précédent. Et cela touche au cœur de la vie de la communauté des croyants, lesquels depuis l’évènement de la Pentecôte rapporté dans le livre des Actes, se réunissent chaque semaine pour former ensemble l’Eglise[1].

Cependant, à la Pentecôte, le mouvement de l’Esprit est une force qui pousse vers l’extérieur. L’action de l’Esprit sur les croyants réunis tous ensemble au même endroit produit l’effet d’une détonation dont l’onde de choc va atteindre les extrémités de la terre. L’Esprit ne peut être contenu ou retenu. Il se fait entendre partout et il souffle là où il veut. L’Esprit est un élan, un envoi, un envol…

En effet, la bonne nouvelle ne doit pas rester dans un cercle d’initié. Elle doit se répandre partout à toutes les langues, toutes les cultures, toutes les nations. Il n’y a personne qui soit exclu. À propos des Juifs présents à Jérusalem lors de la Pentecôte, le texte dit qu’ils venaient « de tous les pays du monde ». « Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. » (v.5-6)

Nos modèles d’Eglises sont actuellement bouleversés et il n’est pas aisé de discerner ce que cela signifie. Pourtant, nous devons nous attendre à ce que la force de l’Esprit nous pousse là où nous ne pensions pas forcément aller. Car il y a de l’inattendu et de la surprise dans le Souffle. « L’Esprit, comme le vent, souffle où il veut ; tu entends le bruit qu’il fait, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Voilà ce qui se passe pour toute personne qui naît de l’Esprit de Dieu. » (Jean 3 :8)

L’évènement de la Pentecôte fait « déborder le vase » des croyants réunis. Ne soyons pas inquiet pour l’avenir, mais laissons-nous surprendre par le Souffle. Il nous conduira certainement encore par des chemins inattendus à la rencontre des gens de toutes les nations qui pourraient eux aussi se demander: « Qu’est-ce que cela signifie ? » (v.12) Un questionnement salutaire qui peut ouvrir à une conversion…

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 30 mai 2020

P.S. Il est probable que cette méditation soit la dernière sous cette forme avec une diffusion quotidienne. Avec la reprise de certaines activités, je prévois d’écrire dorénavant plus qu’un texte par semaine. Je souhaite néanmoins rester à votre écoute. Si vous avez un avis sur la question, merci de me le faire savoir en laissant un commentaire ci-dessous !

[1] Le mot « église » vient du latin « ecclesia », issu du grec « ekklesia », qui signifie assemblée.

La méditation quotidienne de Luc (46)

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« Laissez-vous renouveler par l’Esprit qui agit sur votre intelligence. » Ephésiens 4:23

Bonjour à toutes et à tous,

Chaque printemps nous fait découvrir avec émerveillement le feuillage frais et neuf des arbres. Le vert tendre et naturel des jeunes pousses du hêtre par exemple est un ravissement dont on ne se lasse pas. Peu importe l’âge de l’arbre, sa ramure se renouvelle chaque année.

Il doit en être de même pour le chrétien. Car être chrétien n’est pas un état statique et définitif. C’est une manière différente d’être au monde sans être du monde. Il ne se satisfait donc pas de ce qui est, il tend à devenir. Le chrétien est un être en croissance et en transformation constante. Il ne cesse de se renouveler pour parvenir à une stature d’adulte, à la taille du Christ dans sa plénitude. (Eph. 4 :13)

L’autre jour, en m’habillant, j’ai revêtu un vieux t-shirt de plus de vingt ans d’âge. Effectivement, j’ai encore quelques vieilleries dans mon armoire à habits ! Mes proches n’ont pas manqué de me faire remarquer que même si le t-shirt en question était encore en bon état, il ne pouvait dissimuler son ancienneté !

Comme l’arbre se défait de ses feuilles en automne, le marcheur à la suite du Christ ne peut pas garder les vieux habits de ses habitudes et de ses comportements passés. Le conservatisme et le conformisme ne conviennent pas au croyant. La passionnante aventure de la foi et de la spiritualité chrétienne est faite de dépassement, de renouvellement, de réformation et de transformation.

Il se peut que le temps présent soit propice à la remise en question. En tous les cas, il est toujours temps pour le croyant de revêtir sa nouvelle humanité « créé à la ressemblance de Dieu. » (Eph. 4 :24)

La respiration, ce processus instinctif et vital, nous est familière. Elle est constitutive de notre être. Ainsi le mot « pneuma » en grec qui a été traduit par « esprit » dans le texte ci-dessus désigne « le principe vital par lequel le corps est animé. » Il y a donc quelque chose d’organismique[1] dans l’action de se laisser renouveler par le Souffle divin, par l’air frais d’une Parole qui nous pénètre et nous fait vivre.

S’il nous est nécessaire de reprendre régulièrement notre souffle, d’expirer l’air altéré et de respirer l’air pur, il est tout aussi primordial de nous laisser remplir de nouveau de la Parole de Christ qui est esprit et vie[2].

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 29 mai 2020

[1] Relatif à l’organisme

[2] Jean 6 :63

La méditation quotidienne de Luc (45)

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« Simon Pierre leur annonça : « Je vais à la pêche. » Ils lui dirent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque. Mais cette nuit-là, ils ne prirent rien. »   Jean 21:3

Bonjour à toutes et à tous,

Retour à la normalité ou à l’anormalité ? Depuis quelques temps déjà et suite à la conférence de presse du Conseil fédéral d’hier, une certaine perplexité m’habite. Certes les chiffres de la pandémie de Covid-19 en Suisse sont rassurants et tout semble indiquer qu’elle est « sous contrôle », Dieu merci. Au point qu’on serait tenté de considérer cet épisode difficile et tragique pour des millions de personnes comme un simple incident de parcours. Car pour certain, la seule chose qui compte est le retour aux affaires… Navrant…

Qu’en est-il des enseignements que nous pouvons tirer de cet évènement ? Quel sens donné à cette crise sanitaire planétaire ? Qu’est-ce que cet incroyable coup de frein nous dit sur notre manière de vivre ensemble, de nous déplacer et de consommer ?

Il serait regrettable de demeurer aveugle et sourd face à la réalité d’un monde déchu et de le considérer comme la normalité. Jésus avait dit à ceux qui choisiraient de suivre sa voie : « vous n’appartenez pas au monde[1] », c’est-à-dire à un système de valeurs et de structures dominé par le « prince du monde[2] ».

Le chapitre 21 de l’évangile de Jean est une sorte de post-scriptum. Il apporte quelques précisions au sujet de deux de ceux qui avait tout quitté pour suivre le Christ, Simon Pierre et le disciple que Jésus aimait. Cet épilogue annonce également la mort de ces deux apôtres, lesquels ont joué un rôle phare, comme témoin, au sein la communauté des croyants du premier siècle. Ce chapitre rapporte un dialogue intime entre le Ressuscité et son disciple. Cet entretien est d’une authenticité et d’une profondeur bouleversante.

Simon Pierre était pêcheur sur le lac de Gennésareth. C’est là, au milieu de son travail, qu’il avait fait la rencontre de son Maître. De suite, il avait abandonné ses filets et sa barque pour parcourir villes et villages en suivant Jésus. Celui-ci l’avait désigné pour devenir « pêcheur d’humains ». Mais cette vocation et le changement de direction que cela impliquait avait été remis en cause par la mort du Maître. Non seulement, Celui-ci avait été condamné à mort et crucifié mais Simon Pierre avait nié le connaître.

On peut ressentir le dépit d’un homme qui avait perdu ses dernières illusions dans ces mots : « Je vais à la pêche. » Je retourne de là où je viens. Je reprends mes filets et ma barque, comme avant. Je vais essayer d’oublier ce mauvais rêve.

« Mais cette nuit-là, ils ne prirent rien. » Le retour à la normalité se solde par un revers. Simon Pierre est dans une impasse. Cependant, un inconnu se présente sur le rivage au retour des pêcheurs. Une fois encore, un peu comme si l’histoire se répétait, cette rencontre avec celui que les pêcheurs reconnaissent comme le Seigneur va remettre Pierre en marche.

Il n’y a pas de retour à la normalité pour celles et ceux qui ont décidé de suivre le Christ. Pas possible non plus de passer outre cette rencontre avec Celui qui nous interpelle : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » C’est dans l’intimité d’une relation avec le Vivant que nous sommes libérés de l’attraction du monde et de ses valeurs égocentriques tournées vers la seule satisfaction de nos besoins.

Le Maître compte sur moi, sur toi, sur nous pour prendre soin de ses moutons ! Pas de retour à la normalité donc, mais une marche vers Son Royaume de justice, de paix et de joie !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 28 mai 2020

[1] Jean 15 :19

[2] Ce nom donné par Jésus à celui que la Bible appelle aussi le diable, Satan, l’ange de lumière ou l’esprit des ténèbres.

La méditation quotidienne de Luc (44)

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« Partout où il allait, dans les villages, les villes ou les campagnes, on déposait les malades sur les places et on le suppliait de leur laisser toucher au moins le bord de son vêtement ; tous ceux qui le touchaient étaient sauvés. » Marc 6 :56

Bonjour à toutes et à tous,

L’animation reprend peu à peu dans les rues et sur les places de nos villes et nos villages. Les terrasses accueillent leurs clients venus savourer enfin un espresso ou une gelato. L’attente liée au confinement prend fin progressivement un peu partout en Europe. Les places ne laissent rien transparaître du drame de la maladie et de tous les traumatismes laissés par la pandémie, laquelle est d’ailleurs toujours effective. Chez nous, tout s’est déroulé et se déroule à l’abri des regards, derrière les murs des hôpitaux, des salles de soins intensifs et des chambres des établissements médico-sociaux.

Du temps de Jésus en Galilée, il n’existait ni hôpitaux ni système de soin. Les thérapies antiques étaient bien différentes de notre médecine actuelle. Dans la foi juive, Dieu est considéré comme le vrai médecin. Et les miracles des prophètes comme Elie et Elisée empreignent la foi des contemporains de Jésus. La maladie et la guérison sont alors comprises comme résultant de l’action de forces surnaturelles avec l’idée d’omniprésence des démons. La mention dans le texte ci-dessus qu’on le suppliait de leur laisser toucher au moins le bord de son vêtement et que tous ceux qui le touchaient étaient sauvés, indique la conception surnaturel et magique, présente à cette époque.

Dans ce contexte, les pratiques soignantes de Jésus démontrent avant tout le renversement du pouvoir de Satan sur terre et l’établissement du Royaume de Dieu. D’où son pouvoir irrésistible : aucune pathologie, aucun démon ne lui résiste. Il agit par sa propre autorité. Celle-ci lui est conférée par Dieu lui-même. Ce que les évangiles décrivent avant tout c’est donc la venue du règne de Dieu. Les signes opérés par Jésus s’inscrivent dans l’avènement de ce Royaume et la défaite de Satan.

Et pour nous aujourd’hui qu’est-ce que cela signifie ? Qu’entendons-nous et qu’attendons-nous lorsque nous prions « que ton règne vienne » ?

La guérison des corps et les soins prodigués par Jésus à tout homme pauvre ou riche avec douceur, empathie et respect doivent nous encourager à soutenir tous les soignants, médecins, personnel infirmier, psychologues qui travaillent pour guérir les corps et les âmes.

Le règne de Dieu est encore et toujours à venir. Nous sommes nous aussi engagés dans ce combat pour la justice, la paix, la joie à la suite du Christ. Et Jésus invitait déjà ses contemporains à se préoccuper d’abord de cela. « Cherchez d’abord le règne de Dieu, cherchez à faire sa volonté et Dieu vous accordera aussi tout le reste (sous-entendu les biens matériels). Ne vous inquiétez donc pas du lendemain car le lendemain s’inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine. »[1]

Comme du temps de Jésus, les gens ont certainement besoin de plus qu’un espresso ou de gelati. Ils attendent de voir le règne de Dieu et les signes de justice, de paix et de joie qui l’accompagne. En nous mettant au service de notre prochain, dans la mesure de nos moyens, nous coopérons à l’avancement de ce règne. « Celui qui sert le Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des êtres humains. Recherchons donc ce qui contribue à la paix et qui permet de nous entraider de manière constructive. »[2]

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 27 mai 2020

 

P.S. Je me suis inspiré des propos de Christine Prieto, auteure du livre « Jésus thérapeute » sorti chez Labor et Fides en 2015

[1] Matthieu 6 :33-34

[2] Romains 14 :17-19

La méditation quotidienne de Luc (43)

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« À partir d’un seul être humain, il a créé tous les peuples et les a établis sur la terre entière. Il a fixé pour eux le moment des saisons et les limites des régions qu’ils devaient habiter. » Actes 17:26

Bonjour à toutes et à tous,

L’histoire de notre planète, son évolution, ses écosystèmes complexes avec au milieu de cet ensemble pouvant abriter près de 1000 milliard d’espèces[1], les êtres humains, est tout à fait fascinante. Les civilisations qui nous ont précédés ont toutes cherché à comprendre, explorer, découvrir, expliquer les origines du monde et de l’homme. Les religions et leurs multiples divinités s’inscrivent dans ce contexte d’une quête de sens. Elles sont autant de tentatives humaines d’approcher et d’apporter des réponses aux mystères de la vie et de la mort, de l’espace et du temps, du fini et de l’infini.

Les Grecs auxquels l’apôtre Paul s’adresse dans son discours à l’Aéropage ne font pas exception. Dans l’Antiquité, Athènes était un des grands centres culturels, une ville pleine d’idoles pour le chrétien d’origine juive qu’est Paul. De nombreux temples et statues dédiées à toutes sortes de divinités jalonnaient les rues de la ville. En regardant ces monuments sacrés, Paul a même trouvé un autel portant l’inscription : « Au dieu inconnu ». Paul rencontre des gens extrêmement religieux et curieux de toutes les nouveautés. Ainsi, l’ayant entendu parler de Jésus et de la résurrection, des philosophes épicuriens et stoïciens l’invitent à exposer ce nouvel enseignement.

Paul commence son exposé en décrivant ce que ces Athéniens adorent sans le connaître, à savoir un Dieu unique et origine de toutes choses. Le Créateur n’habite donc pas dans des temples faits de mains d’hommes. Il n’a pas besoin d’être servi par des mains d’hommes, car c’est Lui qui anime toute chose (v24b-25). Paul fait contraster l’image d’un dieu fini, fait par l’homme avec celle du Dieu infini, créateur de l’humanité et de tout ce qui existe.

L’Infini précède le fini est c’est donc Lui qui est maître de l’espace et du temps et qui en fixe les limites. Par conséquent, c’est en tâtonnant que l’humanité recherche Celui qui est à l’origine de la vie, du mouvement et de l’être. La bonne nouvelle annoncée par Paul n’est pas une nouvelle religion, philosophie ou doctrine, mais une Personne : Jésus-Christ, mort et ressuscité. Il est le premier né de toute la création, celui par lequel Dieu réconcilie l’humanité avec lui-même.

Dans un monde désenchanté comme l’est celui que nous connaissons, ces propos peuvent sembler dénués de sens. Et pourtant à force de dépasser toutes les limites fixées par le Créateur, l’humanité a perdu toute mesure. Après avoir tué Dieu, nous sommes en train de détruire l’environnement qui nous abrite. L’humanité est connue pour ses nombreux génocides et autres tentatives d’extermination. Son potentiel de destruction et d’autodestruction est terrible. Pourtant, jamais depuis que la terre existe et que le monde est monde, l’humanité n’a été aussi nuisible aux autres espèces et donc à sa propre espèce.

Que faire, me direz-vous ? Reconnaître qui nous sommes et d’où nous sommes issus est sans doute un bon commencement. Cela nous remet à notre place de créature limitée. Car être humain à l’image de Jésus le Christ, c’est tourner le dos à la suffisance, à l’arrogance, à la folie des grandeurs, du pouvoir et de l’argent pour se reconnaître pauvre en soi-même, fragile et vulnérable. Face à une certaine démagogie ambiante, revenons à l’humilité et la modestie. En effet, nous sommes tous issus d’un seul être humain, le « terreux » comme l’appelle la Genèse. Tous les peuples sont créer par Dieu et il a fixé pour eux les limites des régions qu’ils devaient habiter. À force de passer outre les limites, nous nous retrouvons tous à devoir faire face à une pandémie mondiale.

Il y a là sans doute de quoi réfléchir et méditer. À l’exemple de Denys et Damaris, ces Athéniens du premier siècle et auditeurs du discours de Paul, nous sommes encore invités à nous convertir et à croire en Jésus-Christ, homme et Dieu réunit.

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 26 mai 2020

 

[1] Selon une recherche récente (2016) de deux scientifiques américains, Jay Lennon et Kenneth Locey chercheurs au sein de l’université de Bloomington (Indiana).

La méditation quotidienne de Luc (42)

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« Allez dans le monde entier et proclamer la bonne nouvelle à toute la création… Et ils s’en allèrent proclamer partout le message. » Marc 16:15&20

Bonjour à toutes et à tous,

De retour après un week-end prolongé de l’Ascension, il est temps de songer… à retourner à l’église ! En effet, mercredi dernier, à la surprise générale, le Conseil fédéral a décidé d’autoriser à nouveau la tenue des services religieux pour autant que les Eglises mettent en œuvre un concept de protection avec différentes règles pour garantir la traçabilité de la pandémie selon les recommandations de l’OFSP.

Il ne s’agit donc pas d’un retour à la normale ou d’une reprise des cultes comme avant. On pourra le regretter mais cela est ainsi. Il y a un avant Covid-19 et il y a un après…

L’Ascension, c’est aussi un peu cela… Il y avait un « avant » avec un Jésus présent et il y a un « après » avec un Jésus absent ou plutôt présent différemment. L’Ascension est un passage important, une transition pour ces hommes qui ont suivi Jésus pendant trois ans. En relisant les textes[1] de Marc et de Luc, on découvre des versions diverses de ce même processus. La séparation y est racontée avec des accents singuliers, mettant en évidence qu’il n’y a jamais qu’une seule manière de vivre un changement. Il se dégage aussi de ces textes, une tension entre le fait de rester figé sur ce qui n’est plus et le mouvement qui met en route pour aller de l’avant.

Depuis quelques années, mon épouse et moi avons entrepris de parcourir tous les cols routiers de Suisse avec nos bicyclettes. Durant le congé de l’Ascension, nous n’avons pas dérogé à cet objectif. Nous avons ajouté à notre liste les cols du Marchairuz et du Mollendruz dans le canton de Vaud et ceux de la Scheulte et du Passwang à travers les cantons du Jura, de Berne, de Soleure et de Bâle-Campagne.

Lors de chacune de ces ascensions, on parvient toujours à ce moment si particulier du passage au point culminant, lieu d’un basculement entre les deux versants d’une montagne. On s’y trouve partagé entre plusieurs sentiments. Il peut y avoir la joie intense d’être parvenu jusque-là, la tristesse d’arriver au bout d’une expérience merveilleuse et exigeante, l’appréhension de devoir plonger dans l’incertitude d’une descente aux lacets inconnus, la frustration des nuages qui dérobent à nos yeux le panorama tant attendu… On est déchiré aussi entre l’envie de rester encore un peu, comme suspendu à toutes ces images et ces paysages qu’on vient de traverser et le désir de se lancer à la découverte de nouvelles contrées et d’horizons inexplorés.

Mais le passage d’un col doit avant tout servir à reprendre son souffle. Et c’est encore du Souffle dont nous avons instamment besoin pour oser poursuivre notre route en tant qu’Eglise du Christ mondiale pour aller et proclamer la bonne nouvelle à toute la création. Car le but n’est pas de retourner simplement dans nos églises et nos chapelles comme avant, mais de comprendre l’appel du Seigneur qui envoie.

Même si nous gardons précieusement en mémoire le chemin qui nous a menés jusque-là, nous devons aussi envisager cette nouvelle étape avec le changement de décor que cela implique. On peut supposer comme le fait le théologien Jean-Christophe Emery dans un article du journal « Le Temps »[2] que ce changement amènera « tout le système à se modifier. » Pourtant, à ce stade, « seules les conjectures sont pertinentes. »

Mais soyons rassurés, Jésus, le Christ l’a promis : « Quant à moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28 :20) Sa Présence nous suit partout et elle ouvre la possibilité de chemins nouveaux aux messagers de la bonne nouvelle !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 25 mai 2020

P.S. La photo ci-dessus représente la chapelle de la Scheulte dans le Val Terbi

[1] Marc 16 :15-20 ; Luc 24 :50-53 ; Actes 1 :6-12

[2] « Quel sera l’impact du Covid-19 sur les religions ? », Journal Le Temps, 25 mai 2020

La méditation quotidienne de Luc (41)

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« Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie ! » Psaume 23:6a

Bonjour à toutes et à tous,

Cette déclaration peut paraître utopique. Qui pourrait ainsi se vanter que le bonheur et la grâce l’accompagneront tous les jours de sa vie ? Ne serait-ce pas prétentieux voire un tantinet déplacé d’affirmer cela ? Pourtant, à la différence d’un brin de muguet que l’on offrirait en souhaitant « tout le bonheur du monde » à celle ou celui à qui on l’offre, ce passage du Psaume 23 est le témoignage personnel d’un homme. Son poème est une confession de foi. Il y exprime sa confiance en Celui qu’il expérimente comme son guide, son compagnon, son défenseur, son ami.

David était berger avant de devenir roi d’Israël. Et son métier a sans doute contribué à faire mûrir sa confiance en l’Eternel. Son expérience de Dieu s’incarne donc dans une pratique et un vécu quotidien. Les métaphores qu’il utilise – le repos dans les verts pâturages, le calme près de l’eau, le bon chemin, la vallée de la mort, ceux qui lui veulent du mal – sont autant de réalités vécues. Bien loin d’un idéalisme outrancier ou d’une belle illusion, ces mots « oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie » se fondent sur la solidité éprouvée d’une Présence fidèle.

La foi, c’est le bonheur d’être accompagné ! Ce n’est pas vivre au petit bonheur la chance avec l’espoir que les choses tournent bien. C’est beaucoup plus que ça ! Il s’agit de l’intime expérience d’être seul sans jamais être seul. Une vie habitée, reliée à cette Présence bienveillante d’un Dieu qui se fait compagnon de route.

La qualité de cette relation de confiance s’éprouve et se construit au travers de tous les hauts et tous les bas de l’existence. Elle est tout ce qu’il y a de plus réel, avec ses luttes et ses combats, ses doutes et ses crises, ses cris de joie et ses victoires.

Rien ne sert de fuir vers un idéal du bonheur qu’aucun brin de muguet ne saura d’ailleurs nous apporter. David associe le mot « bonheur » avec « grâce ». Il ne s’agit pas d’une question de chance, mais de grâce. La grâce est un bien précieux à disposition de quiconque choisi la confiance avec l’Eternel. Elle ne s’achète pas et ne se commercialise pas. Elle n’est pas destinée à quelques privilégiés ou à l’exclusivité de certains. Elle se reçoit, au fond de l’être, comme une rencontre, comme une prière.

En voici une que j’aime particulièrement :

Dieu, donne-nous la grâce
d’accepter avec sérénité
les choses qui ne peuvent être changées,
le courage de changer celles qui devraient l’être,
et la sagesse de les distinguer l’une de l’autre
.[1]

Bonne journée à toutes et à tous ! Que la grâce du Seigneur soit avec vous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 20 mai 2020

[1] La Prière de la Sérénité est un texte rédigé par le théologien américain Reinhold Niebuhr (1892–1971). Elle est utilisée et a été rendue célèbre par les Alcooliques Anonymes dans leur parcours d’abstinence.

La méditation quotidienne de Luc (40)

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« Qui de nous a cru la nouvelle que nous avons apprise ? Qui de nous a reconnu que le Seigneur était intervenu ?

Car, devant le Seigneur, le serviteur avait grandi comme une simple pousse, comme une pauvre plante qui sort d’un sol desséché. Il n’avait ni l’allure ni le genre de beauté qui attirent les regards. Il était trop effacé pour se faire remarquer. » Esaïe 53:1-2

Bonjour à toutes et à tous,

Lors d’une promenade en forêt l’autre jour, nous sommes passés, mon épouse et moi, à côté de cette merveilleuse ancolie sans l’apercevoir. Ce n’est qu’au retour, en revenant sur nos pas, que nous l’avons remarqué. Cette simple pousse avait grandi comme une pauvre plante sortant d’un rocher de calcaire posé en bordure du chemin. Visible certes, mais trop effacée pour que nous l’apercevions au premier regard.

Le chapitre 53 d’où est extrait le texte ci-dessus fait partie de la seconde partie de la prophétie du livre d’Esaïe. Elle vise la consolation des Judéens installés à Babylone depuis la chute de Jérusalem en 587 et 586 av. J.-C. Les premiers chrétiens ont vu dans le serviteur souffrant, ce personnage mystérieux que l’on retrouve à plusieurs endroits entre les chapitres 42 à 53 d’Esaïe, une figure du Christ. Pour les premiers destinataires de ces écrits, cette figure du serviteur du Seigneur annonçait la sollicitude du Tout-Autre, son intervention et son inlassable présence et soutien. Car contrairement aux apparences, le serviteur souffrant ne sera pas abandonné du Seigneur. Le rejet, la persécution et l’impuissance qu’il éprouvera ne feront que renforcer sa foi. Car lorsque tous les appuis terrestres disparaissent, il ne reste que la confiance dans le Seigneur. « C’est lui qui fera aboutir le projet du Seigneur » (v.10) nous dit le texte.

Mais comme pour tout ce qui est vulnérable, notre tendance naturelle serait plutôt de l’ignorer, « comme quelqu’un qu’on n’ose pas regarder. » (v.3) Le serviteur du Seigneur n’a pas ce genre de beauté qui attire les regards. En effet, celui qui souffre n’a pas d’allure. Il est ainsi facilement méprisé devenant le souffre-douleur, celui dont nous pensons que c’est Dieu qui le punit, qui le frappe et l’humilie (v.4).

Mais le Tout-Autre choisit justement ce qui est faiblesse aux yeux du monde pour couvrir de honte les forts ; il a choisi ce qui est bas, méprisable ou qui ne vaut rien aux yeux du monde pour détruire ce que celui-ci estime important.[1]

En arrière-plan de l’ancolie photographiée ci-dessus, on remarque deux grands arbres dont un est couché au sol, mort. Les apparences sont trompeuses. Ce qui peut sembler fort, puissant et imposant ne résiste pas et finit par passer.

Beaucoup de choses sont bouleversés dans ce monde. Et si cela nous permettait de détourner notre attention de ce qui attire les regards pour considérer ce qui nous a été annoncé et reconnaître que le Seigneur est intervenu ? Il a choisi un serviteur souffrant, une simple pousse, comme une pauvre plante qui sort d’un sol desséché pour que nous apprenions à nous pencher sur nos vulnérabilités et que nous les considérions comme ce qui élève l’humain. « En effet, celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »[2]

Il ne s’agit pas de béatifier la souffrance, la douleur ou l’humiliation, mais peut-être de réaliser que les peines de ce monde ne sont pas la fin de toutes choses. Assurément, c’est la foi, l’espérance et l’amour qui demeurent. Car après avoir subi tant de peines, mon serviteur verra clair, il sera nourri par une forte expérience. (v.11)

Puissions-nous accueillir davantage la vulnérabilité, la nôtre et celle des autres, pour y voir clair et nous nourrir de cette expérience qui deviendra alors une force !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                               Cormoret, le 19 mai 2020

[1] 1 Corinthiens 1 :27-28

[2] Luc 14 :11

La méditation quotidienne de Luc (39)

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« Mais pour toi, même l’obscurité est lumière, et la nuit est claire comme le jour. Obscurité ou lumière, pour toi c’est la même chose. » Psaume 139:12

Bonjour à toutes et à tous,

Celui qui traverse un défilé comme les gorges de Douanne illustrées ci-dessus remarque les jeux d’ombres et de lumière qui imposent à ses yeux de constantes adaptations. Les rayons de clarté jouent à cache-cache avec la géologie des lieux offrant un spectacle somptueux. Le minéral et le végétal s’associent et semblent déjouer les pièges de l’obscurité. La lumière n’en a cure des obstacles et elle se fraye un chemin jusqu’à des profondeurs inattendues. La lumière vient de tellement plus loin que les ombres terrestres ne peuvent rien contre elle ou si peu.

Notre planète, par sa position unique au sein du système solaire, reçoit la lumière et la chaleur indispensable à la vie. Et tous les êtres vivants en profitent abondamment. Du point de vue de la lumière, l’obscurité n’existe pas. Elle n’est qu’une ombre portée qui n’affecte en rien sa qualité de lumière. C’est donc à tort que l’homme s’est représenté la nuit comme l’absence de lumière.

Il en est de même de Celui que nous appelons « Dieu ». Et l’auteur du Psaume 139 l’a découvert. Impossible de fuir sa présence. Elle est partout. Où je suis, tu y es ! Il n’est donc rien que l’homme puisse entreprendre pour altérer ou cacher sa Présence. Elle nous suit en tout lieu. Elle pénètre toutes les profondeurs de l’être jusqu’au moindre recoin.

L’Eternel présent a trouvé son chemin jusque vers nous. En Jésus, le Christ, Il a couvert la distance qui nous sépare de Lui pour éclairer tous les êtres humains[1]. Et la lumière brille dans l’obscurité, et l’obscurité ne l’a pas arrêtée[2]. Elle est présente même lorsque nos yeux ne la voient pas. Et il n’est rien que nous puissions faire pour empêcher l’Amour de venir à notre rencontre. L’erreur serait sans doute de croire que nous pouvons nous en passer ou que nous saurons la gagner par nos efforts.

Rappelons-nous qu’à l’image de la lumière, l’Amour s’est déplacé en premier !

Tu n’as pas attendu que je trouve mon chemin jusqu’à toi

Je ne pourrais pas franchir cette distance même si je le voulais

Tu es venu me chercher

Quand quelqu’un d’autre se serait détourné et m’aurait laissé dans la pire situation

L’amour s’est déplacé en premier[3]

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

[1] Jean 1 :9 (NFC)

[2] Jean 1 :5 (NFC)

[3] Traduction du refrain de la chanson « Love Moved First » de Casting Crowns. Vidéo sous le lien https://youtu.be/Z8fWD_JpIFg

La méditation quotidienne de Luc (38)

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« Mieux vaut avoir peu et reconnaître l’autorité du Seigneur que posséder beaucoup et vivre dans l’inquiétude. Mieux vaut un plat de légumes préparé avec amour qu’une viande savoureuse assaisonnée de haine. » Proverbes 15:16-17

Bonjour à toutes et à tous,

Dans le marasme actuel, la crise alimentaire guette de nombreuses personnes. Après deux mois de crise sanitaire, le nombre de personnes et d’enfants qui risquent de se retrouver devant une assiette vide a considérablement augmenté. Si bien que le journal Le Monde titrait le 12 mai dernier : « Coronavirus : après la pandémie, une grave crise alimentaire menace au nord comme au sud. » Et la journaliste Mathilde Gérard écrivait ceci : « Dans tous les pays frappés par la pandémie de Covid-19, des plus riches aux plus pauvres, la malnutrition a gagné de nouvelles populations. Les rues de Genève, l’une des villes les plus fortunées du monde, ont vu se former, chaque samedi, des files de plusieurs centaines de mètres pour recevoir des paniers alimentaires. Partout, la crise, dont on est loin encore de mesurer l’ampleur finale, pourrait faire basculer dans la faim des dizaines de millions de personnes. » Ce cri d’alarme fait froid dans le dos…

J’ai suivi une discussion-débat organisée par la FREE[1] et diffusé sur internet à propos du « Plan de protection pour les Eglises évangéliques », plan proposé par le Réseau évangélique suisse. Il y était essentiellement question des mesures de protection à mettre en œuvre pour la reprise des cultes dans les églises. Pourtant, au milieu de ce débat, une brève intervention a attiré mon attention. Le pasteur Norbert Valley s’interrogeait à propos des conditions de mise en place de « la distribution de nourriture qui est encore plus importante… » Il en parlait comme « des activités très nécessaires. »

« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Ces paroles de Jésus à ses disciples dans le récit de la multiplication des pains[2] démontrent que le Fils de Dieu compte sur ses disciples pour faire face aux besoins nutritionnels de la foule. Il souhaite que ceux-ci prennent à leur compte l’action de donner à manger plutôt que de renvoyer ces gens comme les disciples le proposent : « Renvoie tous ces gens, afin qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs pour y trouver à se loger et à se nourrir… » Leur malaise (?) ou leur désarroi devant la foule affamé, amènent les disciples à chercher comment résoudre cette situation embarrassante. Ils s’imaginent pouvoir se dégager du problème en renvoyant chacun trouver sa propre subsistance et son propre logis. Jésus, lui, ne l’entend pas de cette oreille.

Le pari est de taille pour nous aussi. Toutefois les deux proverbes bibliques cités en préambule sont un encouragement. Premièrement, il est préférable d’avoir peu et reconnaître l’autorité du Seigneur que posséder beaucoup et vivre dans l’inquiétude. Deuxièmement, un plat simple préparé avec amour surpasse largement un met succulent servi avec mépris.

Je me risque à traduire tout cela dans notre contexte. Nous pourrions peut-être nous serrer un peu la ceinture en réduisant notre consommation pour partager avec ceux qui n’ont rien. Cela est nettement préférable à l’inquiétude de perdre ce que nous possédons. De plus, grâce à ce que nous remettons entre les mains du Seigneur, le rassasiement de tous est possible ! Servir à manger un repas simple avec amour et nous engager en soutenant le travail caritatif ou en nous mettant nous-mêmes au travail pour donner à manger est largement plus important qu’une viande savoureuse assaisonnée du dédain envers autrui.

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                               Cormoret, le 16 mai 2020

[1] Fédération romande d’Eglises évangéliques

[2] Luc 9 :12-17