La méditation quotidienne de Luc (46)

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« Laissez-vous renouveler par l’Esprit qui agit sur votre intelligence. » Ephésiens 4:23

Bonjour à toutes et à tous,

Chaque printemps nous fait découvrir avec émerveillement le feuillage frais et neuf des arbres. Le vert tendre et naturel des jeunes pousses du hêtre par exemple est un ravissement dont on ne se lasse pas. Peu importe l’âge de l’arbre, sa ramure se renouvelle chaque année.

Il doit en être de même pour le chrétien. Car être chrétien n’est pas un état statique et définitif. C’est une manière différente d’être au monde sans être du monde. Il ne se satisfait donc pas de ce qui est, il tend à devenir. Le chrétien est un être en croissance et en transformation constante. Il ne cesse de se renouveler pour parvenir à une stature d’adulte, à la taille du Christ dans sa plénitude. (Eph. 4 :13)

L’autre jour, en m’habillant, j’ai revêtu un vieux t-shirt de plus de vingt ans d’âge. Effectivement, j’ai encore quelques vieilleries dans mon armoire à habits ! Mes proches n’ont pas manqué de me faire remarquer que même si le t-shirt en question était encore en bon état, il ne pouvait dissimuler son ancienneté !

Comme l’arbre se défait de ses feuilles en automne, le marcheur à la suite du Christ ne peut pas garder les vieux habits de ses habitudes et de ses comportements passés. Le conservatisme et le conformisme ne conviennent pas au croyant. La passionnante aventure de la foi et de la spiritualité chrétienne est faite de dépassement, de renouvellement, de réformation et de transformation.

Il se peut que le temps présent soit propice à la remise en question. En tous les cas, il est toujours temps pour le croyant de revêtir sa nouvelle humanité « créé à la ressemblance de Dieu. » (Eph. 4 :24)

La respiration, ce processus instinctif et vital, nous est familière. Elle est constitutive de notre être. Ainsi le mot « pneuma » en grec qui a été traduit par « esprit » dans le texte ci-dessus désigne « le principe vital par lequel le corps est animé. » Il y a donc quelque chose d’organismique[1] dans l’action de se laisser renouveler par le Souffle divin, par l’air frais d’une Parole qui nous pénètre et nous fait vivre.

S’il nous est nécessaire de reprendre régulièrement notre souffle, d’expirer l’air altéré et de respirer l’air pur, il est tout aussi primordial de nous laisser remplir de nouveau de la Parole de Christ qui est esprit et vie[2].

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 29 mai 2020

[1] Relatif à l’organisme

[2] Jean 6 :63

Pensée quotidienne (66)

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La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse (Psaume 111.10).

J’aime les vieux arbres. Leur corps est marqué par tout le temps traversé. A la fois solides et vulnérables. Ils évoquent la sagesse qui ne vient – peut-être – qu’avec la durée. Il faut du temps pour commencer à être sage…

La méditation quotidienne de Luc (45)

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« Simon Pierre leur annonça : « Je vais à la pêche. » Ils lui dirent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque. Mais cette nuit-là, ils ne prirent rien. »   Jean 21:3

Bonjour à toutes et à tous,

Retour à la normalité ou à l’anormalité ? Depuis quelques temps déjà et suite à la conférence de presse du Conseil fédéral d’hier, une certaine perplexité m’habite. Certes les chiffres de la pandémie de Covid-19 en Suisse sont rassurants et tout semble indiquer qu’elle est « sous contrôle », Dieu merci. Au point qu’on serait tenté de considérer cet épisode difficile et tragique pour des millions de personnes comme un simple incident de parcours. Car pour certain, la seule chose qui compte est le retour aux affaires… Navrant…

Qu’en est-il des enseignements que nous pouvons tirer de cet évènement ? Quel sens donné à cette crise sanitaire planétaire ? Qu’est-ce que cet incroyable coup de frein nous dit sur notre manière de vivre ensemble, de nous déplacer et de consommer ?

Il serait regrettable de demeurer aveugle et sourd face à la réalité d’un monde déchu et de le considérer comme la normalité. Jésus avait dit à ceux qui choisiraient de suivre sa voie : « vous n’appartenez pas au monde[1] », c’est-à-dire à un système de valeurs et de structures dominé par le « prince du monde[2] ».

Le chapitre 21 de l’évangile de Jean est une sorte de post-scriptum. Il apporte quelques précisions au sujet de deux de ceux qui avait tout quitté pour suivre le Christ, Simon Pierre et le disciple que Jésus aimait. Cet épilogue annonce également la mort de ces deux apôtres, lesquels ont joué un rôle phare, comme témoin, au sein la communauté des croyants du premier siècle. Ce chapitre rapporte un dialogue intime entre le Ressuscité et son disciple. Cet entretien est d’une authenticité et d’une profondeur bouleversante.

Simon Pierre était pêcheur sur le lac de Gennésareth. C’est là, au milieu de son travail, qu’il avait fait la rencontre de son Maître. De suite, il avait abandonné ses filets et sa barque pour parcourir villes et villages en suivant Jésus. Celui-ci l’avait désigné pour devenir « pêcheur d’humains ». Mais cette vocation et le changement de direction que cela impliquait avait été remis en cause par la mort du Maître. Non seulement, Celui-ci avait été condamné à mort et crucifié mais Simon Pierre avait nié le connaître.

On peut ressentir le dépit d’un homme qui avait perdu ses dernières illusions dans ces mots : « Je vais à la pêche. » Je retourne de là où je viens. Je reprends mes filets et ma barque, comme avant. Je vais essayer d’oublier ce mauvais rêve.

« Mais cette nuit-là, ils ne prirent rien. » Le retour à la normalité se solde par un revers. Simon Pierre est dans une impasse. Cependant, un inconnu se présente sur le rivage au retour des pêcheurs. Une fois encore, un peu comme si l’histoire se répétait, cette rencontre avec celui que les pêcheurs reconnaissent comme le Seigneur va remettre Pierre en marche.

Il n’y a pas de retour à la normalité pour celles et ceux qui ont décidé de suivre le Christ. Pas possible non plus de passer outre cette rencontre avec Celui qui nous interpelle : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » C’est dans l’intimité d’une relation avec le Vivant que nous sommes libérés de l’attraction du monde et de ses valeurs égocentriques tournées vers la seule satisfaction de nos besoins.

Le Maître compte sur moi, sur toi, sur nous pour prendre soin de ses moutons ! Pas de retour à la normalité donc, mais une marche vers Son Royaume de justice, de paix et de joie !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 28 mai 2020

[1] Jean 15 :19

[2] Ce nom donné par Jésus à celui que la Bible appelle aussi le diable, Satan, l’ange de lumière ou l’esprit des ténèbres.

Pensée quotidienne (65)

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Oui, celui qui suit toute la loi, mais qui désobéit à un seul commandement est coupable envers toute la loi (Jacques 2.10).

Tout ce qui n’est pas interdit est obligatoire, dit-on à propos des régimes totalitaires. La Loi de Moïse, pourtant juste et bonne, porteuse de vie, se révèle mortifère tant je suis incapable d’y conformer ma vie. Sois loué, mon Dieu, parce qu’en Christ ce n’est plus l’observance de la Loi qui me sauve, mais ta grâce, seulement ta grâce.

La méditation quotidienne de Luc (44)

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« Partout où il allait, dans les villages, les villes ou les campagnes, on déposait les malades sur les places et on le suppliait de leur laisser toucher au moins le bord de son vêtement ; tous ceux qui le touchaient étaient sauvés. » Marc 6 :56

Bonjour à toutes et à tous,

L’animation reprend peu à peu dans les rues et sur les places de nos villes et nos villages. Les terrasses accueillent leurs clients venus savourer enfin un espresso ou une gelato. L’attente liée au confinement prend fin progressivement un peu partout en Europe. Les places ne laissent rien transparaître du drame de la maladie et de tous les traumatismes laissés par la pandémie, laquelle est d’ailleurs toujours effective. Chez nous, tout s’est déroulé et se déroule à l’abri des regards, derrière les murs des hôpitaux, des salles de soins intensifs et des chambres des établissements médico-sociaux.

Du temps de Jésus en Galilée, il n’existait ni hôpitaux ni système de soin. Les thérapies antiques étaient bien différentes de notre médecine actuelle. Dans la foi juive, Dieu est considéré comme le vrai médecin. Et les miracles des prophètes comme Elie et Elisée empreignent la foi des contemporains de Jésus. La maladie et la guérison sont alors comprises comme résultant de l’action de forces surnaturelles avec l’idée d’omniprésence des démons. La mention dans le texte ci-dessus qu’on le suppliait de leur laisser toucher au moins le bord de son vêtement et que tous ceux qui le touchaient étaient sauvés, indique la conception surnaturel et magique, présente à cette époque.

Dans ce contexte, les pratiques soignantes de Jésus démontrent avant tout le renversement du pouvoir de Satan sur terre et l’établissement du Royaume de Dieu. D’où son pouvoir irrésistible : aucune pathologie, aucun démon ne lui résiste. Il agit par sa propre autorité. Celle-ci lui est conférée par Dieu lui-même. Ce que les évangiles décrivent avant tout c’est donc la venue du règne de Dieu. Les signes opérés par Jésus s’inscrivent dans l’avènement de ce Royaume et la défaite de Satan.

Et pour nous aujourd’hui qu’est-ce que cela signifie ? Qu’entendons-nous et qu’attendons-nous lorsque nous prions « que ton règne vienne » ?

La guérison des corps et les soins prodigués par Jésus à tout homme pauvre ou riche avec douceur, empathie et respect doivent nous encourager à soutenir tous les soignants, médecins, personnel infirmier, psychologues qui travaillent pour guérir les corps et les âmes.

Le règne de Dieu est encore et toujours à venir. Nous sommes nous aussi engagés dans ce combat pour la justice, la paix, la joie à la suite du Christ. Et Jésus invitait déjà ses contemporains à se préoccuper d’abord de cela. « Cherchez d’abord le règne de Dieu, cherchez à faire sa volonté et Dieu vous accordera aussi tout le reste (sous-entendu les biens matériels). Ne vous inquiétez donc pas du lendemain car le lendemain s’inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine. »[1]

Comme du temps de Jésus, les gens ont certainement besoin de plus qu’un espresso ou de gelati. Ils attendent de voir le règne de Dieu et les signes de justice, de paix et de joie qui l’accompagne. En nous mettant au service de notre prochain, dans la mesure de nos moyens, nous coopérons à l’avancement de ce règne. « Celui qui sert le Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des êtres humains. Recherchons donc ce qui contribue à la paix et qui permet de nous entraider de manière constructive. »[2]

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 27 mai 2020

 

P.S. Je me suis inspiré des propos de Christine Prieto, auteure du livre « Jésus thérapeute » sorti chez Labor et Fides en 2015

[1] Matthieu 6 :33-34

[2] Romains 14 :17-19

Pensée quotidienne (64)

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Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui a fait pousser (1 Corinthiens 3.6).

Seigneur, je veux te remercier pour toutes les personnes qui ont nourri et embelli le terrain que je suis. Merci pour tout ce qui m’est apporté au travers de l’écrit, de l’art, du discours. Et loué sois-tu, Seigneur, parce que c’est Toi qui transforme tout en foi et en joie.

La méditation quotidienne de Luc (43)

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« À partir d’un seul être humain, il a créé tous les peuples et les a établis sur la terre entière. Il a fixé pour eux le moment des saisons et les limites des régions qu’ils devaient habiter. » Actes 17:26

Bonjour à toutes et à tous,

L’histoire de notre planète, son évolution, ses écosystèmes complexes avec au milieu de cet ensemble pouvant abriter près de 1000 milliard d’espèces[1], les êtres humains, est tout à fait fascinante. Les civilisations qui nous ont précédés ont toutes cherché à comprendre, explorer, découvrir, expliquer les origines du monde et de l’homme. Les religions et leurs multiples divinités s’inscrivent dans ce contexte d’une quête de sens. Elles sont autant de tentatives humaines d’approcher et d’apporter des réponses aux mystères de la vie et de la mort, de l’espace et du temps, du fini et de l’infini.

Les Grecs auxquels l’apôtre Paul s’adresse dans son discours à l’Aéropage ne font pas exception. Dans l’Antiquité, Athènes était un des grands centres culturels, une ville pleine d’idoles pour le chrétien d’origine juive qu’est Paul. De nombreux temples et statues dédiées à toutes sortes de divinités jalonnaient les rues de la ville. En regardant ces monuments sacrés, Paul a même trouvé un autel portant l’inscription : « Au dieu inconnu ». Paul rencontre des gens extrêmement religieux et curieux de toutes les nouveautés. Ainsi, l’ayant entendu parler de Jésus et de la résurrection, des philosophes épicuriens et stoïciens l’invitent à exposer ce nouvel enseignement.

Paul commence son exposé en décrivant ce que ces Athéniens adorent sans le connaître, à savoir un Dieu unique et origine de toutes choses. Le Créateur n’habite donc pas dans des temples faits de mains d’hommes. Il n’a pas besoin d’être servi par des mains d’hommes, car c’est Lui qui anime toute chose (v24b-25). Paul fait contraster l’image d’un dieu fini, fait par l’homme avec celle du Dieu infini, créateur de l’humanité et de tout ce qui existe.

L’Infini précède le fini est c’est donc Lui qui est maître de l’espace et du temps et qui en fixe les limites. Par conséquent, c’est en tâtonnant que l’humanité recherche Celui qui est à l’origine de la vie, du mouvement et de l’être. La bonne nouvelle annoncée par Paul n’est pas une nouvelle religion, philosophie ou doctrine, mais une Personne : Jésus-Christ, mort et ressuscité. Il est le premier né de toute la création, celui par lequel Dieu réconcilie l’humanité avec lui-même.

Dans un monde désenchanté comme l’est celui que nous connaissons, ces propos peuvent sembler dénués de sens. Et pourtant à force de dépasser toutes les limites fixées par le Créateur, l’humanité a perdu toute mesure. Après avoir tué Dieu, nous sommes en train de détruire l’environnement qui nous abrite. L’humanité est connue pour ses nombreux génocides et autres tentatives d’extermination. Son potentiel de destruction et d’autodestruction est terrible. Pourtant, jamais depuis que la terre existe et que le monde est monde, l’humanité n’a été aussi nuisible aux autres espèces et donc à sa propre espèce.

Que faire, me direz-vous ? Reconnaître qui nous sommes et d’où nous sommes issus est sans doute un bon commencement. Cela nous remet à notre place de créature limitée. Car être humain à l’image de Jésus le Christ, c’est tourner le dos à la suffisance, à l’arrogance, à la folie des grandeurs, du pouvoir et de l’argent pour se reconnaître pauvre en soi-même, fragile et vulnérable. Face à une certaine démagogie ambiante, revenons à l’humilité et la modestie. En effet, nous sommes tous issus d’un seul être humain, le « terreux » comme l’appelle la Genèse. Tous les peuples sont créer par Dieu et il a fixé pour eux les limites des régions qu’ils devaient habiter. À force de passer outre les limites, nous nous retrouvons tous à devoir faire face à une pandémie mondiale.

Il y a là sans doute de quoi réfléchir et méditer. À l’exemple de Denys et Damaris, ces Athéniens du premier siècle et auditeurs du discours de Paul, nous sommes encore invités à nous convertir et à croire en Jésus-Christ, homme et Dieu réunit.

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 26 mai 2020

 

[1] Selon une recherche récente (2016) de deux scientifiques américains, Jay Lennon et Kenneth Locey chercheurs au sein de l’université de Bloomington (Indiana).

Pensée quotidienne (63)

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Nous avons  vu des géants. À côté d’eux, nous avions l’impression d’être des sauterelles (Nombres 13.33).

Les géants existent encore, ils peuplent la terre et écrasent les humains. Ils habitent parfois dans mon cœur et me font peur. Mais toi, Seigneur, tu es venu libérer les humains et me libérer. A la croix, tu as terrassé tous les géants.

La méditation quotidienne de Luc (42)

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« Allez dans le monde entier et proclamer la bonne nouvelle à toute la création… Et ils s’en allèrent proclamer partout le message. » Marc 16:15&20

Bonjour à toutes et à tous,

De retour après un week-end prolongé de l’Ascension, il est temps de songer… à retourner à l’église ! En effet, mercredi dernier, à la surprise générale, le Conseil fédéral a décidé d’autoriser à nouveau la tenue des services religieux pour autant que les Eglises mettent en œuvre un concept de protection avec différentes règles pour garantir la traçabilité de la pandémie selon les recommandations de l’OFSP.

Il ne s’agit donc pas d’un retour à la normale ou d’une reprise des cultes comme avant. On pourra le regretter mais cela est ainsi. Il y a un avant Covid-19 et il y a un après…

L’Ascension, c’est aussi un peu cela… Il y avait un « avant » avec un Jésus présent et il y a un « après » avec un Jésus absent ou plutôt présent différemment. L’Ascension est un passage important, une transition pour ces hommes qui ont suivi Jésus pendant trois ans. En relisant les textes[1] de Marc et de Luc, on découvre des versions diverses de ce même processus. La séparation y est racontée avec des accents singuliers, mettant en évidence qu’il n’y a jamais qu’une seule manière de vivre un changement. Il se dégage aussi de ces textes, une tension entre le fait de rester figé sur ce qui n’est plus et le mouvement qui met en route pour aller de l’avant.

Depuis quelques années, mon épouse et moi avons entrepris de parcourir tous les cols routiers de Suisse avec nos bicyclettes. Durant le congé de l’Ascension, nous n’avons pas dérogé à cet objectif. Nous avons ajouté à notre liste les cols du Marchairuz et du Mollendruz dans le canton de Vaud et ceux de la Scheulte et du Passwang à travers les cantons du Jura, de Berne, de Soleure et de Bâle-Campagne.

Lors de chacune de ces ascensions, on parvient toujours à ce moment si particulier du passage au point culminant, lieu d’un basculement entre les deux versants d’une montagne. On s’y trouve partagé entre plusieurs sentiments. Il peut y avoir la joie intense d’être parvenu jusque-là, la tristesse d’arriver au bout d’une expérience merveilleuse et exigeante, l’appréhension de devoir plonger dans l’incertitude d’une descente aux lacets inconnus, la frustration des nuages qui dérobent à nos yeux le panorama tant attendu… On est déchiré aussi entre l’envie de rester encore un peu, comme suspendu à toutes ces images et ces paysages qu’on vient de traverser et le désir de se lancer à la découverte de nouvelles contrées et d’horizons inexplorés.

Mais le passage d’un col doit avant tout servir à reprendre son souffle. Et c’est encore du Souffle dont nous avons instamment besoin pour oser poursuivre notre route en tant qu’Eglise du Christ mondiale pour aller et proclamer la bonne nouvelle à toute la création. Car le but n’est pas de retourner simplement dans nos églises et nos chapelles comme avant, mais de comprendre l’appel du Seigneur qui envoie.

Même si nous gardons précieusement en mémoire le chemin qui nous a menés jusque-là, nous devons aussi envisager cette nouvelle étape avec le changement de décor que cela implique. On peut supposer comme le fait le théologien Jean-Christophe Emery dans un article du journal « Le Temps »[2] que ce changement amènera « tout le système à se modifier. » Pourtant, à ce stade, « seules les conjectures sont pertinentes. »

Mais soyons rassurés, Jésus, le Christ l’a promis : « Quant à moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28 :20) Sa Présence nous suit partout et elle ouvre la possibilité de chemins nouveaux aux messagers de la bonne nouvelle !

Bonne journée à toutes et à tous !

Amitiés,

Luc                                                                              Cormoret, le 25 mai 2020

P.S. La photo ci-dessus représente la chapelle de la Scheulte dans le Val Terbi

[1] Marc 16 :15-20 ; Luc 24 :50-53 ; Actes 1 :6-12

[2] « Quel sera l’impact du Covid-19 sur les religions ? », Journal Le Temps, 25 mai 2020